LETTRE À UN LIBRE-PENSEUR

Par Alphonse Jacquel

Entre un libre-penseur et un homme libre, je vois un fossé profond.

Le libre-penseur peut fort bien être marxiste, ou officier d’une armée bourgeoise ou tout simplement adhérent d’un système d’émancipation sociale. En se laissant volontairement accrocher à quelque chose, il ne se doute pas qu’il s’emprisonne. Lire la suite…

LES LIBERTÉS

Par Louis Leprince-Ringuet.

Pour vivre librement, il ne suffit pas de disposer de la possibilité d’être libre.

Tout un apprentissage est nécessaire, qui ne s’arrête pas au sortir de l’école. On le voit bien : que de gens, parmi nous, sont en réalité des esclaves ! Esclaves de leurs désirs, de leurs petites habitudes, voire de leurs manies, esclaves de leur égocentrisme, de leurs pulsions, de leurs routines, de leur arrivisme; enfin, pour beaucoup, esclaves de l’argent. Que de vedettes, d’hommes politiques sont attachés au désir de paraître : sans leur dose de flashes quotidiens, ils sont tristes, affectés et leur comportement s’en ressent. Combien d’entre nous cherchent à gagner toujours plus d’argent ! Lire la suite…

DU BON USAGE DES CRISES

par Christiane Singer

Extrait d’une conférence prononcée le 15 juin 1991 à Mirmande à l’occasion du dixième anniversaire du Centre Dürckheim (Drôme).

J’ai gagné la certitude que les catastrophes sont là pour nous éviter le pire.

Et le pire, comment pourrais-je exprimer ce qu’est le pire ? Le pire, c’est bel et bien d’avoir traversé la vie sans naufrages, d’être resté à la surface des choses, d’avoir dansé au bas des ombres, d’avoir pataugé dans ce marécage des on-dit, des apparences, de n’avoir jamais été précipité dans une autre dimension. Les crises, dans la société où nous vivons, elles sont vraiment ce qu’on a encore trouvé de mieux, à défaut de maître, quand on n’en a pas à portée de main, pour entrer dans l’autre dimension. Lire la suite…

LA VIE INTÉRIEURE

Par Bertrand Vergely et Marie De Hennezel.

Nous le savons, les personnes qui ont une vie intérieure en élaborant ce qu’elles vivent par le fait de s’interroger, de se questionner, de sentir, de traduire ce que l’on sent, d’écouter ce qui vient de l’intérieur, de dialoguer avec ce qui parle en nous, les personnes qui ont une curiosité intellectuelle, qui s’intéressent au monde, aux autres, vieillissent mieux que les autres.

Nous avons tous une petite voix intérieure qui nous guide, qui nous explique ceci ou cela, qui nous avertit, qui se réjouit quand nous nous réjouissons, qui s’attriste quand nous nous attristons, qui s’attriste aussi quand nous nous réjouissons de certaines choses, et parfois à l’inverse qui se réjouit quand nous nous attristons de certaines choses. Lire la suite…

LORSQUE LE SILENCE S’ÉTABLIT

Par François Roustang.

Laisser exister l’autre, c’est lui permettre d’être lui-même. S’il veut s’enfermer dans un rôle ou dans les limites que sa fonction sociale lui assigne, peu importe. Puisque c’est aujourd’hui ou maintenant son souhait, je n’ai pas à forcer sa porte, à le contraindre à manifester le fond de sa personne. S’il veut se contenter à l’heure présente de parler de la pluie et du beau temps, de n’aborder que des questions qui ne le concernent pas directement, de bavarder de tout et de rien, j’ai à le laisser être ce qu’il désire. À travers ces paroles banales ou surfaites, il en dit déjà bien assez sur lui-même, car il y a l’intonation de la voix, il y a les gestes, il y a les accents ; et peu à peu se lève une série d’harmonies qui le dévoile bien au-delà de ce qu’il formule en clair. Quelqu’un apparaît dans sa complexité vivante que je m’efforce seulement de laisser être ce qu’elle est, de laisser se répandre et me remplir sans savoir où nous allons, sans comprendre, sans interpréter, sans réfléchir surtout, car cela mettrait fin à cette relation de pure existence qui est comme l’humus de toute rencontre possible. Lire la suite…

À LA LUMIÈRE DE LA MORT

par Reza Moghaddassi.

Nous pensons parfois que plus l’homme avance dans la compréhension de la vérité, plus il manipule des pensées complexes et difficiles à saisir pour le commun des mortels. Or les vérités les plus profondes sont peut-être les plus simples à comprendre — mais les plus difficiles à mettre en pratique. Il y en a même une qui est une évidence et qui peut être comprise sans avoir lu des livres ni fait de longues éludes : nous allons tous un jour mourir. Je ne serai pas toujours de ce monde et les autres qui m’entourent, connus ou inconnus, vont eux aussi, tôt ou tard, disparaître — la mort n’étant pas plus proche du vieillard que du nouveau-né. Lire la suite…

L’IMPORTANCE DU TRAVAIL INTÉRIEUR

Stanislav Grof, né à Prague (Tchécoslovaquie) en 1931, est un psychiatre tchèque, pionnier dans la recherche des états modifiés de conscience.

Il est, avec Abraham Maslow, l’un des fondateurs de la psychologie transpersonnelle (1969) et l’inventeur de la respiration holotropique, une technique voisine du rebirth. Il a mis sur pied et dirigé pendant de nombreuses années le Grof Transpersonal Training, enseigne au California Institute of Integral Studies, et parcourt le monde pour donner des conférences et animer des séminaires de respiration holotropique.

Il fut président de l’International Transpersonal Association en 1971 et responsable de congrès internationaux dans le domaine transpersonnel.

Aujourd’hui (2007), Stanislav Grof fait partie des conseillers scientifiques de l’Institut de recherche sur les expériences extraordinaires (INREES), qui a publié un Manuel clinique des expériences extraordinaires (Paris, InterEditions, 2009).[2mn 49]

SOLITUDE

Par Claudine Briatore, psychologue clinicienne.

La solitude a mauvaise presse. Tout comme l’ennui. Ces états sont souvent synonymes d’échec de quelque chose… Nous nous sentons seuls parfois, lorsque nous ne nous sentons pas soutenus alors que nous en aurions eu besoin, lorsque, au milieu d’un groupe humain, nous comprenons combien ces liens sont fragiles, imparfaits ou insatisfaisants. Il est alors opportun de recalibrer nos relations, de revoir à la baisse nos attentes idéalistes ou excessives, de reconsidérer la question de la mouvance de nos relations humaines : à quoi pouvons-nous raisonnablement nous attacher quand il est question de relations ? Lire la suite…

LES COMMANDEMENTS DE NOTRE ÂME

Par Dr Edward Bach.

Tant que notre Âme et notre personnalité sont en harmonie, tout est joie et paix, bonheur et santé. Le conflit surgit quand notre personnalité s’écarte de la voie tracée par l’Âme, soit par l’entraînement de nos propres passions, soit par la persuasion des autres. Ce conflit est la cause profonde de la maladie et de l’insatisfaction. Peu importe notre tâche en ce monde – cireur de chaussures ou monarque, propriétaire ou paysan, riche ou pauvre – tant que nous accomplissons cette tache particulière selon les directives de l’Âme, tout va bien, et nous pouvons en outre être assurés que quelque position que nous occupions dans la vie, princière ou inférieure, elle contient les leçons et expériences nécessaires à ce moment de notre évolution et nous donne la meilleure chance pour notre développement. Lire la suite…

QU’AS-TU QUE TU N’AIES PAS REÇU EN DON ?

par Christiane Singer.

L’homo technicus-economicus croit aussi, à sa manière, se suffire à lui-même. Arrogant, demiurge, autosatisfait, il se frotte les mains, dispose de tout ce qu’offre la planète, s’arroge tous les droits, ignore ses devoirs, coupe les liens qui le relient aux autres humains, à la nature, à l’histoire et au cosmos. Il pousse si loin l’émancipation qu’il court le risque de déchirer tous les fils et de décrocher, de se décrocher, de s’auto expulser de la création. Son idéologie est si simpliste que n’importe quel fondamentalisme religieux apparaît en comparaison subtil et pluriel. Un seul précepte, une seule loi, un seul paramètre, un seul étalon : le rendement ! Lire la suite…

LE SILENCE QUI REND PRÉSENT

par Reza Moghaddassi.

« Il faut deux ou trois ans pour apprendre à parler et toute une vie pour apprendre à se taire. » Proverbe chinois

Tout concert commence par un profond silence dans lequel le musicien cherche à s’accorder intérieurement avec la musique qu’il va jouer. Ce silence n’est pas le vide, mais une sortie du vide. Car, dans ce silence, quelqu’un se prépare à donner le meilleur de lui-même et à habiter ce qu’il va faire. Ce silence plein de promesses dans lequel chacun est appelé à sortir de son bavardage donne toute son importance à ce qui va suivre et permet de transformer un moment comme un autre en un événement. Il produit déjà l’unisson, puisqu’il concentre l’attention de tous dans la même direction. À la fin du concert, avant que les applaudissements ne viennent le couvrir — hélas, toujours trop tôt —, un autre silence, plein et riche, bouleversant, donne toute sa grâce à l’événement. Entourée par ces deux silences, la musique est comme arrachée au temps linéaire et entre dans une forme d’éternité — elle a toujours été et sera pour toujours. C’est du silence que s’élève toute musique et c’est au silence qu’elle retourne. Lire la suite…

LA PAROLE

Par Khalil Gibran

…Puis un érudit dit, Parle-nous de la Parole.

Et il répondit, disant : Vous parlez quand vous cessez d’être en paix avec vos pensées ; Et quand vous ne pouvez d’avantage demeurer dans la solitude de votre cœur vous venez vivre dans vos lèvres, et leur son devient un divertissement et un passe-temps. Dans bien de vos paroles, la pensée est à moitié massacrée. Car la pensée est un oiseau de l’espace, qui dans une cage de mots peut certes déplier ses ailes, mais ne peut voler. Il y a ceux parmi vous qui recherchent le bavard de peur d’être seul. Le silence de la solitude révèle à leurs yeux leur moi dans sa nudité et ils voudraient s’enfuir. Lire la suite…

MERCI

par Reza Moghaddassi

Il faut peut-être toute une vie pour comprendre ce mot qu’on nous a appris dans notre enfance, et surtout pour en vivre pleinement le sens. Il ne se limite pas à une formule de politesse ; il témoigne, s’il est vécu, d’une reconnaissance et d’une gratitude envers celui qui donne. Il est aussi le signe que nous avons su recevoir. « Merci » est beaucoup plus qu’un mot, il est une modalité de l’être. Il est même, vraisemblablement, la porte d’entrée d’une vie qui cherche à goûter à la saveur d’être. Lire la suite…

LE MONDE S’EST DÉSHUMANISÉ

Par C.G. Jung.

A mesure que la connaissance scientifique progressait, le monde s’est déshumanisé. L’homme se sent isolé dans le cosmos, car il n’est plus engagé dans la nature et a perdu sa participation affective inconsciente avec ses phénomènes. Lire la suite…

DE LA LIBERTÉ PERSONNELLE DES DROITS À L’AUTORITÉ EN SOI

par Corinne Viggiano.

Notre société est en pleine mutation, ce qui signifie que l’on vit encore avec la mentalité égoïste et sectaire de l’ancien monde, même si celui-ci ne fonctionne plus, tout en pressentant qu’il est dépassé et qu’il faut trouver une autre solution.

Ce déséquilibre est flagrant dans le contexte de l’éducation, comme celui de l’école où de plus en plus d’enseignants ont du mal à gérer les nouvelles générations porteuses de comportements de plus en plus individualistes, légitimés par la société des « droits à » et de la revendication permanente. C’est le constat que dresse Mme Barbara Lefebvre, professeur d’histoire-géographie en collège, auteur d’un livre « Génération “J’ai le droit” », et celui de M. Alain Laurent, philosophe (ancien enseignant), lors d’un débat publié dans le journal Marianne. Lire la suite…

OBÉIR OU DÉSOBÉIR ?

Par Denis Marquet.

Extraits du livre « Eléments de philosophie angélique » de Denis Marquet – Edition Albin Michel

Ob-éir est composé de la racine -éir, qui signifie « écouter », et du préfixe ob-, qui signifie « au-devant de, à la rencontre de ». La véritable obéissance consiste donc à se mettre à l’écoute de ce qui vient à notre rencontre. C’est-à-dire du réel. Obéir, c’est s’ouvrir à l’Autre, sous toutes ses formes : l’adversité, ce qui s’oppose à moi ; l’inattendu, ce qui déjoue mes plans, mes projections mentales ; l’altérité d’autrui, qui excède mon savoir et mes prises de possessions. Obéir, c’est l’ego qui s’ouvre à ce qui le transcende, et c’est pourquoi la véritable obéissance permet un dépassement de l’ego. Lire la suite…

SEPT TÂCHES À ACCOMPLIR POUR LE BIEN COMMUN (2/2)

par l’Institut pour une Synthèse Planétaire

Développer la COOPÉRATION entre les religions et croyances
dans un esprit de respect et de gratitude mutuels

Toutes les religions et croyances spirituelles du monde ont une seule et même source:

L’AMOUR DU CRÉATEUR

S’il est vrai, comme l’affirment nombre de religions du monde, que Dieu est amour et que l’être humain est fait à l’image de Dieu, alors pourquoi les institutions religieuses se combattent-elles depuis des milliers d’années ? Peut-être parce qu’elles ont perdu le lien avec l’essence des messages divins apportés à l’humanité par des sages hautement développés tout au long des âges ? Lire la suite…

SEPT TÂCHES À ACCOMPLIR POUR LE BIEN COMMUN (1/2)

par l’Institut pour une Synthèse Planétaire.

Dans le processus de spiritualisation à l’intérieur et à l’extérieur des Nations-Unies par la pratique du respect et de la gratitude mutuelle, de l’inclusivité et de la non-discrimination dans la vie quotidienne.

VERS UNE NOUVELLE CONSCIENCE, UN NOUVEL ÊTRE HUMAIN, UN NOUVEAU MONDE

Fondé sur la justice pour tous et sur les droits de l’homme protégés par un droit international exécutable

Ces pensées au sujet de sept parmi les nombreuses tâches auxquelles l’humanité doit faire face sur la voie d’une culture mondiale et d’une civilisation plus en harmonie avec les lois universelles découlent de notre travail aux Nations Unies à Genève. Celui-ci nous met en contact avec les nombreux efforts faits par des groupes divers et des organisations pour aider à résoudre les problèmes du monde d’aujourd’hui, et avec les obstacles qui les empêchent d’être résolus. Ce choix de sept tâches n’implique pas que ce soient les seules, ou que ce soient les plus importantes. Nettoyer l’environnement, changer notre attitude envers la santé et les méthodes de guérison, faire avancer la science au-delà du pur matérialisme : tout cela peut paraître aussi important que ces sept tâches. De notre point de vue, cependant, ces sept tâches sont exemplaires du travail qui doit être accompli aujourd’hui pour établir de justes relations humaines au sein de la famille humaine. Nous offrons nos réflexions sur le sujet avec l’espoir qu’elles puissent aider à clarifier quelques-unes des causes sous-jacentes aux problèmes du monde et qu’elles soient utiles à tous ceux qui, autour du monde, travaillent pour les soulager. Lire la suite…

UNE EXPÉRIENCE INTÉRIEURE

Par Jacques Castermane.

Il existe une expérience qui débouche sur le silence, où l’être humain éprouve l’unité de la vie.

Le plus souvent, on définit le silence comme étant absence de bruit. Mais le silence est aussi expérience intérieure. Chacun de nous l’expérimente sur différents plans de la vie. L’homme satisfait, ou repu, ressent le silence comme sécurisant. Le vieux pêcheur assis de longues heures face à l’océan, le paysan regardant ses terres, connaissent ce silence apaisant, fruit d’une vie de labeur. Et chacun ressent ce moment d’émotion qui nait lorsque le silence, ne serait-ce qu’une minute, honore les morts. D’une qualité particulière, il interroge ceux qui l’observent sur le sens de l’existence. Lire la suite…

J’EXPOSE, JE PROPOSE, MAIS JE N’IMPOSE PAS

par Marcel Renoulet.

Notre quotidien voit sans cesse augmenter son lot d’horreurs, accompagnant l’apocalypse rampante et inexorable de la mort de la nature qui progresse au rythme de la pénétration d’une technologie aveugle.

La nature, ou ce qu’il en reste, nous rappelle combien actuellement l’existence est frelatée et pervertie. Lire la suite…

L’AMOUR EST LA SEULE ET LA DERNIÈRE RÉPONSE

Lettre d’Albert Einstein à sa fille Lieserl.

À la fin des années 1980, Lieserl, la fille du célèbre génie Albert Einstein, a donné 1 400 lettres écrites par Einstein à l’Université hébraïque, avec ordre de ne pas rendre public son contenu jusqu’à vingt ans après sa mort. Ceci est l’une d’entre elles. Lire la suite…

LES LIMITES DE LA LAÏCITÉ FACE AU BESOIN DE SPIRITUALITÉ

Par Corinne Viggiano (enseignante).

De nos jours il semblerait que la laïcité devienne l’enjeu de bien des combats d’origine identitaire, et qu’au lieu d’apaiser elle suscite divisions et incompréhensions, exactement le contraire de ce qu’elle se propose d’apporter dès l’origine : une tentative d’éclairer le peuple et de le rassembler au-delà des convictions culturelles et religieuses. Mais la laïcité telle qu’elle est proposée et apprise à l’école n’a aucun fondement spirituel. Lire la suite…

LE BESOIN SPIRITUEL

Par Jean-Louis Abrassart.

Dans les temps reculés de la préhistoire, avant l’aube du langage, les hommes de Néenderthal enterraient déjà leurs morts, sans vraiment avoir conscience de ce qu’ils faisaient. L’être humain a toujours senti, au fond de lui-même, qu’il n’était que de passage, que la condition humaine n’était qu’une des formes de la vie. Qu’est-ce la spiritualité au-delà des formes que lui ont donné les traditions religieuses ? Ne serait-ce pas ce besoin de se poser la question du sens de la vie, de l’origine et de la finalité de l’homme sur terre, de sa place dans l’univers ?

Dans notre monde moderne, la science a remplacé les religions dans sa tentative de répondre à ces questions fondamentales. Elle s’aperçoit maintenant qu’elle poursuit une quête sans fin, chaque découverte dans l’infiniment petit ou dans l’infiniment grand amenant de nouvelles interrogations. Mais devons-nous attendre de l’extérieur une réponse ou devons-nous la chercher en nous ? Lire la suite…

ÉVEIL

Par Patrick Vigneau.

Tant et tant de choses se répètent, et l’on n’ose même plus leur remise en question. Le drame de l’humain c’est sa capacité à s’endormir.

La paix est souvent comprise comme la période entre deux guerres. L’histoire humaine est ainsi enseignée, et la guerre devient une fatalité, une malchance qui nous tombe dessus.

Peut-être est-il temps de comprendre que la guerre tout comme la paix viennent de l’intérieur.

La paix n’est pas dans un lointain avenir quand les gouvernements auront désarmé. Car lorsque les individus auront désarmé dans leur cœur, les armes n’auront plus de sens. C’est pourquoi il faut commencer soi-même par éveiller la paix dans sa conscience. Lire la suite…

UNE CONVERSATION SUR L’ART

Par Jean Klein.

EXTRAITS

Chercheur. Depuis un moment j’attends de vous demander à tous deux ce que vous pensez qu’est réellement l’art. Est-ce une collection amorphe d’expressions humaines ou bien pouvons-nous dire plus précisément ce que c’est ?

Philosophe. En dernier lieu tous les objets pointent vers la vérité et la beauté mais il y a des objets qui, par excellence, nous ramènent à la vérité et à la beauté. Ce sont des objets d’art.

Chercheur. Est-ce que tout ce que nous appelons généralement art a ce pouvoir?

Philosophe. L’art qui percute les sens et nous amène au-delà d’eux à un état éternel pourrait s’appeler « art sacré ». L’art décoratif expérimental nous laisse dans les sens, de sorte qu’il peut être appelé séculier.

Ces grandes œuvres « sacrées qui ont le pouvoir symbolique de nous éjecter dans le domaine impersonnel, sont très rares.

Chercheur. Parlons de ces œuvres d’art, Qu’entendez-vous lorsque vous dites qu’elles percutent les sens et nous emmènent au-delà ? […] Lire la suite…

LIBÉRER LE SPIRITUEL DU RELIGIEUX

par André Monjardet

Ce que n’avait pas réussi à faire le monothéisme religieux, conquérir le monde, le monothéisme profane est en train de le réaliser.

Le dieu argent régente aujourd’hui le monde entier et tient sous son implacable férule la quasi-totalité des êtres humains. Ses grands prêtres dictent leur loi à l’ensemble des nations. Ils en ont eux-mêmes inventé les termes et s’appliquent à faire en sorte qu’ils soient respectés partout. Sous peine d’exclusion de la communauté humaine, nationale et mondiale.

« loi du Marché » repose essentiellement sur le droit du plus fort d’écraser le plus faible. Ne pas s’y soumettre ou la transgresser équivaut à s’isoler de la société et se voir condamner par elle.

C’est ainsi, par exemple, que tout service doit aujourd’hui passer par le moule de la monétarisation sous peine d’être jugé et condamné par les tribunaux pour concurrence déloyale. La gratuité est partout suspecte !

Cette « loi du Marché » n’est en réalité que la traduction policée de la « loi de la jungle ». Mais avec une différence de taille : celui qui ne veut pas tuer et voudrait simplement vivre en paix avec lui-même et avec les autres ne peut pas fuir. Il est cerné de tous côtés par la monnaie et se voit obligé de passer sous les fourches caudines de la production ou de l’assistanat. Nouvel esclave de la course au profit, il est prisonnier de l’arène mondiale où se joue le drame de « l’horreur économique ». Le plus souvent il s’y fait dévorer, très rarement il s’en échappe. Lire la suite…

À PROPOS DE LA GRATITUDE

par Maria Montessori

Certains espèrent que le jour où l’on arrivera à susciter chez les enfants ce sentiment d’amour pour les matières d’étude, les hommes deviendront plus humains et cesseront enfin les horreurs de la guerre. Mais l’amour pour la science et pour l’art, comme pour tout ce que l’humanité a créé, ne suffira pas à faire germer l’amour mutuel entre les hommes.

Aimer un beau coucher de soleil ou observer avec émerveillement la vie d’un insecte, ne réveille pas nécessairement un plus grand sentiment d’amour pour l’humanité, ni l’amour pour l’art ne suscite chez l’homme l’amour pour son prochain. Ce qui est nécessaire avant toute chose, est que dès ses premières années l’individu soit mis en relation avec l’humanité. Aujourd’hui, dans nos cœurs il n’y a pas de place pour l’amour de nos semblables, bien que de ceux-là mêmes nous ayons reçu et continuions de recevoir tant de choses, sous forme de nourriture, de vêtements et d’inventions diverses dont nous pouvons bénéficier. Nous acceptons et nous jouissons de ce qui est fait pour nous sans gratitude aucune, comme des athées niant à Dieu gratitude et amour. Lire la suite…

RIEN NE NOUS EST DONNÉ POUR NOUS ÉCRASER

Deux ans avant sa mort, Christiane Singer parle de comment retrouver la gratitude dans les moments les plus difficiles de notre vie, comment chaque être peut faire la différence sur cette Terre, et pourquoi s’aimer soi-même dans tous ses opposés, est la clé la plus importante et le plus difficile pour cheminer et manifester vers la paix. De nombreux indices pour avancer vers la guérison au sens global et spirituel du terme. [16mn 11]

Note :

Romancière et essayiste, Christiane Singer est née à Marseille en 1943, de parents originaires d’Europe centrale.

Elle est lycéenne et élève du conservatoire de diction et d’art dramatique à Marseille, puis suit des études de lettres à Aix-en-Provence, où elle obtiendra un doctorat de Lettres Modernes.

Lectrice à l’Université de Bâle et chargée de cours à celle de Fribourg, elle suivra également l’enseignement de Dürckheim, un des disciples de Jung.

Son œuvre et sa réflexion personnelle sont tout entières centrées sur la prise en compte nécessaire du spirituel qui couve dans le cœur de chacun. Elle est un écrivain relativement prolifique, de sensibilité chrétienne imprégnée de sagesse orientale, qui s’abstient de donner des leçons de morale et exclut tout dogmatisme.

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, son premier livre, Les Cahiers d’une hypocrite, paraît en 1965.

Elle a obtenu plusieurs prix littéraires, dont le prix des libraires pour La Mort viennoise en 1979, le prix Albert-Camus pour Histoire d’âme en 1989, et le prix de la langue française en 2006 pour l’ensemble de son œuvre.

Elle dira à la radio : « J’ai écrit un livre sur Les Âges de la vie. J’ai tenté de montrer ces métamorphoses de l’être au cours de la vie. Il est évident que tout cela ne vaut que si l’on a appris en cours d’existence à mourir. Et ces occasions nous sont données si souvent ; toutes les crises, les séparations, et les maladies, et toutes les formes, tout, tout, tout, tout nous invite à apprendre et à laisser derrière nous. La mort ne nous enlèvera que ce que nous avons voulu posséder. Le reste, elle n’a pas de prise sur le reste. Et c’est dans ce dépouillement progressif que se crée une liberté immense, et un espace agrandi, exactement ce qu’on n’avait pas soupçonné. Moi j’ai une confiance immense dans le vieillissement, parce que je dois à cette acceptation de vieillir une ouverture qui est insoupçonnable quand on n’a pas l’audace d’y rentrer. »

Christiane Singer est morte à Vienne le 4 avril 2007.

L’ÉCOUTE ET LA PAROLE… AU XIIÈME SIÈCLE

par Chrétien de Troyes

Allons écoutez !

Prêtez moi les cœurs et les oreilles, car une parole entendue est perdue si elle n’est pas comprise avec le cœur.

Il y a des gens qui ne comprennent pas ce qu’ils entendent et qui néanmoins l’approuvent. Ces gens-là n’ont que la perception du son, du moment que le cœur n’y comprend rien du tout.

La parole vient aux oreilles, de la même façon que le vent qui vole, mais loin de s’y arrêter et d’y demeurer, elle s’en éloigne en très peu de temps, si le cœur n’est pas assez éveillé pour être préparé à la saisir ; car c’est lui seul qui peut la saisir à son passage, l’enfermer et la retenir. Les oreilles ne sont que le passage et le conduit par où la voix s’en vient au cœur et le cœur saisit à l’intérieur du corps la voix qui y entre par l’oreille.

Ainsi, quiconque voudra me comprendre, doit me confier son cœur et ses oreilles, car je ne veux pas parler de rêve, ni de fable ni de mensonge, dont quantité d’autres vous ont régalés ; non, ce que je vous raconterai, je l’ai vu.

Source:  Extrait de « Yvain le chevalier au lion » écrit vers 1175 

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