LA GRÂCE D’ÉCOUTER

par Louis Sahuc

Sans doute l’ascèse du silence nous garde-t-elle de parler. Mais elle serait d’un bien faible mérite si elle ne consistait qu’à se taire. Car ne rien dire, lorsque l’on est empêché de parler ou que l’esprit se consulte en vain, ne répond pas du vrai silence.

Le vrai silence contrarie nos mouvements intérieurs. Il nous coûte car il nous dépossède. Tantôt il nous refuse de céder au désir d’occuper un esprit et d’y régner, et tantôt nous expose à laisser croire à notre ignorance quand nous pourrions si aisément nous en défendre et triompher. De même que nous ne pouvons être aux autres hommes que dans la mesure où nous nous sommes quittés nous-mêmes, de même nous ne pouvons leur offrir le silence que si d’abord nous l’avons établi dans notre coeur. Et nous ne pouvons dire que nous avons fait silence en nous-mêmes que lorsqu’en nous s’est tu jusqu’au dernier chuchotement de notre âme. Lire la suite…

LE RETOUR DES AUTRES

par Jacques Languirand

« L’enfer, c’est les autres… » ? Non, j’ai envie de dire : « La Voie, c’est… les autres » Nous assistons, Mesdames et Messieurs, à un changement de paradigme.

Plusieurs études récentes font état des effets bénéfiques de l’altruisme : les personnes qui s’emploient à rendre service aux autres, par exemple dans les organisations communautaires, sont en général moins sujettes à la maladie et vivraient plus vieilles… et plus heureuses.

Pourquoi ? Tout simplement parce que l’être humain est un animal social.

Il faut sans doute partir d’un fait aussi simple pour comprendre jusqu’à quel point la qualité de nos rapports avec les autres, de notre contribution personnelle à l’interaction au plan social, est déterminante pour l’estime de soi.

Comme il est juste de dire que nous sommes dépendants les uns des autres au plan économique – dépendance qui devient de plus en plus évidente au fur et à mesure que se développe la conscience planétaire – il est tout aussi évident que cette interdépendance s’étend à tous les plans. Il apparaît même que si ce sentiment d’interdépendance se traduit d’une façon positive par un engagement au plan social, que ce soit à travers une activité communautaire ou encore une relation d’aide et de soutien aux autres, cette démarche aura sur l’individu des effets bénéfiques sur sa santé, physique et psychique.

Un tel retournement des mentalités représente un retour quelque peu surprenant du balancier. Rappelez-vous de cette génération qu’on a même définie comme la me génération, pour laquelle les autres comptaient assez peu, chacun étant surtout, au mieux, préoccupé de son propre développement et, au pire, de la contemplation de son nombril. Lire la suite…

PROPOS DE PLATON

Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie.

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LA VRAIE NATURE DU SOI

– Apporte-moi une figue de ce banian.

– Voilà, père.

– Coupe-la.

– Je l’ai coupée.

– Qu’est-ce que tu vois ?

– Des graines minuscules.

– Coupes-en une.

– Je l’ai coupée.

– Qu’est-ce que tu vois ?

– Rien.

– Mon garçon ! Si cet arbre géant existe, c’est à cause de ce rien que tu ne perçois pas. Mon garçon, il faut croire !

Ce rien est le Soi de tout ce qui existe.

C’est cela la vérité. C’est cela le Soi. Et toi, mon fils, tu es cela !

Source : Selon les UPANISHAD

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L’AMOUR

L’amour est un mot que l’on utilise de plus en plus, en particulier dans les nombreux ouvrages dit ésotériques ou spirituels qui pullulent de nos jours. Nous parvenons à comprendre que le véritable amour n’est pas seulement physique, mais très rarement on nous l’explique autrement que de manière allégorique. L’amour est un état de conscience où la différence n’existe plus et dans lequel on se sent un avec l’Univers. Il vient de la compréhension que tout est un et que tout est lié. Mais avant de décrire plus avant cet état, il convient d’expliquer comment y parvenir.

Tout le monde s’accorde à dire que l’amour doit unir, donc il convient de savoir ce qui agit à l’encontre de cette union et comment y remédier. Tous les sages de toutes les traditions disent que la pensée est à l’origine de la différenciation et qu’il s’agit de faire ou d’atteindre le silence intérieur.

Pourquoi la pensée et toutes ses déclinaisons à travers le désir, le plaisir, la souffrance et bien d’autres sont sources de désunion ?

L’Homme est à la recherche du bonheur ou d’un certain bien-être et la pensée qui constitue le résultat de toutes ses expériences va lui montrer que bien-être est synonyme de plaisir. Donc il va rechercher à travers toutes ses expériences ce qui lui a procuré du plaisir et comme son expérience dans la quasi-totalité des cas est matérielle, il va courir après ce genre de plaisir.

Cette terre d’épreuves va nous permettre de devenir des êtres conscients ; nous avons l’intuition que l’on ne peut comprendre sans l’expérimentation. Lire la suite…

VOIR SANS CONCEVOIR

par Krishnamurti

Si vous marchez dans la petite ville le long de sa rue unique aux nombreuses boutiques – le boulanger, les accessoires pour photographes, la librairie et le restaurant à ciel ouvert – que vous passez sous un pont, après le couturier, puis un autre pont, et que vous allez plus loin que la scierie jusqu’au bois où vous entrez et où vous poursuivez votre chemin le long du torrent, regardant tout ce que vous avez rencontré avec des yeux et des sens pleinement éveillés, mais sans une pensée en votre esprit, vous saurez ce que veut dire être sans séparation. Si vous suivez le torrent et parcourez environ deux kilomètres – toujours sans un-seul tressaillement de la pensée – en regardant les eaux impétueuses, en écoutant leur vacarme, en regardant leur couleur : le gris vert des torrents de montagne, en voyant les arbres et le ciel bleu à travers les branches, et les feuilles vertes – encore sans une seule pensée, sans un seul mot – et alors vous saurez ce que veut dire n’avoir pas d’espace entre vous et le brin d’herbe.

Si de là vous passez à travers les prairies riches et verdoyantes, couvertes de milliers de fleurs de toutes les couleurs imaginables, depuis le rouge vif jusqu’au jaune et au violet, et d’herbe verte, bien propre, lavée par la pluie de la nuit précédente – encore une fois, sans un seul mouvement de la machinerie de la pensée -, alors vous saurez ce qu’est l’amour. Lire la suite…

LA FIN DE L’ÉSOTÉRISME

Magnétisme, radiesthésie, homéopathie, autosuggestion, transmission sans fil

Une théorie qui a tout compris

par Raymond Abellio

AbellioCe livre d’abord paru en 1972, explique et décrit le « phénomène 2012 » avec quarante ans d’avance ! Georges Soulès (1907-1986), polytechnicien, militant socialiste et marxiste, chargé de mission sous Léon Blum, fait prisonnier en 1940 et relâché en 1941, adhérent au MSR (Mouvement social révolutionnaire) d’Eugène Deloncle, rencontre en 1943 une femme (Jane L.) et un guérisseur auvergnat (Pierre de Combas) qui changeront sa vie.

Initié par Combas à la Bible, à la kabbale et à la Bhagavad-Gita, Soulès abandonne l’action politique et devient Abellio. Le temps d’acquérir et d’intégrer d’autres influences – phénoménologie de Husserl, ontologie de Heidegger et l’oeuvre de René Guénon et Raymond Abellio put commencer à élaborer sa théorie de la connaissance (qu’il appela « la nouvelle Gnose »), devenant le principal, sinon le seul ésotériste occidental de la seconde moitié du XXème siècle.

Poursuivant la démarche d’un Guénon – dont il fit aussi une critique avisée – Abellio vécut et décrivit la manière dont l’individu actuel et l’Occident dans son ensemble allaient opérer le retournement et le saut de conscience au moment où s’achève notre âge de fer (« l’âge noir que nous traversons ne peut être ressenti que comme un âge de séparation de division et d’épreuve ») qui est aussi le moment où s’inaugure un nouveau cycle. Lire la suite…

RÉFLEXIONS SUR LA MORT

par Marcel Renoulet

Ceux qui aiment la vraie vie, c’est-à-dire la grande vérité du silence tiennent compte de la mort. Le silence fait de la mort une amie fidèle, une précieuse conseillère, un repère lumineux qui nous fait traverser la vie avec dignité et joie.

Cette éloquence de la mort est celle de notre sérénité et de notre humour. Les idées qui jaillissent de la méditation silencieuse de la mort sont comme les arbres qui poussent au bord de l’eau. Ce sont de fortes pensées de plénitude qui surplombent les angoisses existentielles des philosophies et des sciences matérialistes et qui nous font intégrer l’instant présent : l’ultime réalité.

Intégrer la mort, c’est intégrer le temps puisque toutes les dimensions du temps se retrouvent dans l’instant présent. Ce qu’il y a de bien avec la mort, c’est qu’elle peut survenir à chaque instant… C’est notre compagne la plus fidèle, celle sur laquelle on peut toujours compter. Rien ne l’arrête : que l’on soit en pleine action ou dans le repos, que l’on ait le cœur en fête ou à pleurer, le dernier examen de conscience peut être demandé à tout moment.

La mort est présente partout. Pour se nourrir on tue des plantes, des animaux et on trouve que c’est tout à fait naturel. Lorsqu’il s’agit de la mort de l’homme, on se trouve désarmé, on n’avait pas imaginé qu’elle pouvait prendre ceux que l’on connaissait bien et encore moins soi-même. Lire la suite…