QU’AS-TU QUE TU N’AIES PAS REÇU EN DON ?

par Christiane Singer.

L’homo technicus-economicus croit aussi, à sa manière, se suffire à lui-même. Arrogant, demiurge, autosatisfait, il se frotte les mains, dispose de tout ce qu’offre la planète, s’arroge tous les droits, ignore ses devoirs, coupe les liens qui le relient aux autres humains, à la nature, à l’histoire et au cosmos. Il pousse si loin l’émancipation qu’il court le risque de déchirer tous les fils et de décrocher, de se décrocher, de s’auto expulser de la création. Son idéologie est si simpliste que n’importe quel fondamentalisme religieux apparaît en comparaison subtil et pluriel. Un seul précepte, une seule loi, un seul paramètre, un seul étalon : le rendement ! Lire la suite…

LE SILENCE QUI REND PRÉSENT

par Reza Moghaddassi.

« Il faut deux ou trois ans pour apprendre à parler et toute une vie pour apprendre à se taire. » Proverbe chinois

Tout concert commence par un profond silence dans lequel le musicien cherche à s’accorder intérieurement avec la musique qu’il va jouer. Ce silence n’est pas le vide, mais une sortie du vide. Car, dans ce silence, quelqu’un se prépare à donner le meilleur de lui-même et à habiter ce qu’il va faire. Ce silence plein de promesses dans lequel chacun est appelé à sortir de son bavardage donne toute son importance à ce qui va suivre et permet de transformer un moment comme un autre en un événement. Il produit déjà l’unisson, puisqu’il concentre l’attention de tous dans la même direction. À la fin du concert, avant que les applaudissements ne viennent le couvrir — hélas, toujours trop tôt —, un autre silence, plein et riche, bouleversant, donne toute sa grâce à l’événement. Entourée par ces deux silences, la musique est comme arrachée au temps linéaire et entre dans une forme d’éternité — elle a toujours été et sera pour toujours. C’est du silence que s’élève toute musique et c’est au silence qu’elle retourne. Lire la suite…

MERCI

par Reza Moghaddassi

Il faut peut-être toute une vie pour comprendre ce mot qu’on nous a appris dans notre enfance, et surtout pour en vivre pleinement le sens. Il ne se limite pas à une formule de politesse ; il témoigne, s’il est vécu, d’une reconnaissance et d’une gratitude envers celui qui donne. Il est aussi le signe que nous avons su recevoir. « Merci » est beaucoup plus qu’un mot, il est une modalité de l’être. Il est même, vraisemblablement, la porte d’entrée d’une vie qui cherche à goûter à la saveur d’être. Lire la suite…

À PROPOS DE LA GRATITUDE

par Maria Montessori

Certains espèrent que le jour où l’on arrivera à susciter chez les enfants ce sentiment d’amour pour les matières d’étude, les hommes deviendront plus humains et cesseront enfin les horreurs de la guerre. Mais l’amour pour la science et pour l’art, comme pour tout ce que l’humanité a créé, ne suffira pas à faire germer l’amour mutuel entre les hommes.

Aimer un beau coucher de soleil ou observer avec émerveillement la vie d’un insecte, ne réveille pas nécessairement un plus grand sentiment d’amour pour l’humanité, ni l’amour pour l’art ne suscite chez l’homme l’amour pour son prochain. Ce qui est nécessaire avant toute chose, est que dès ses premières années l’individu soit mis en relation avec l’humanité. Aujourd’hui, dans nos cœurs il n’y a pas de place pour l’amour de nos semblables, bien que de ceux-là mêmes nous ayons reçu et continuions de recevoir tant de choses, sous forme de nourriture, de vêtements et d’inventions diverses dont nous pouvons bénéficier. Nous acceptons et nous jouissons de ce qui est fait pour nous sans gratitude aucune, comme des athées niant à Dieu gratitude et amour. Lire la suite…

14. LA GRATITUDE

La vie est un déséquilibre permanent qui se rétablit à chaque instant. Tout ce qui vit se meut et évolue selon des cycles, en un éternel recommencement : l’inspir et l’expir, le jour et la nuit, le printemps, l’été, l’automne et l’hiver, la nature qui nait, croît, meurt et reprend vie…

À travers tout ce qui existe, dans ses innombrables expressions visibles et invisibles, les Forces métaphysiques agissent dans le monde physique faisant advenir sur terre « ce qui doit » pour que l’humanité évolue en harmonie avec l’Unité du Tout. L’Homme, co-créateur de la Vie, a la mission existentielle d’instaurer et d’entretenir l’équilibre, tant individuel que collectif, en apportant de justes réponses aux multiples besoins de son monde.

POUR QUE L’AMOUR ET L’HARMONIE RÈGNENT SUR TERRE,
LA GRATITUDE DOIT VIVRE DANS LE CŒUR DE L’HOMME.

Dans un monde où l’Amour est absent, où règne le pouvoir par la domination et la soumission, plus rien n’est perçu comme un don de la Vie et la gratitude est inexistante ; on ne parle que de droits, on exige, on revendique et tout est un dû. Si l’on rend des services c’est uniquement par obligation, par intérêt personnel, par soif de reconnaissance, pour se donner l’illusion d’être important ou d’être bon.

Mais c’est la Vie qui pourvoit à tout. Et par la gratitude que l’on témoigne à ceux qui comblent nos faiblesses et nos besoins, par la gratitude que l’on voue à la nature qui nous offre ce qui nous est vital, par le Merci que l’on adresse aux Forces visibles et invisibles qui nous soutiennent et nous aident, on exprime notre reconnaissance et notre respect face au mystère insondable de la Vie.

DIRE MERCI EST BIEN PLUS QU’UNE FORMULE DE POLITESSE,
DIRE MERCI C’EST HONORER LA VIE.

Dire un Merci du fond du cœur pour manifester sa reconnaissance pour ce que l’on a reçu, ou simplement dire Merci pour dire Merci et exprimer sa plénitude et sa joie, est une manifestation d’Amour désintéressé. La gratitude nous ouvre aux Forces vives de la Vie, lesquelles nous éclairent du dedans et nous comblent d’un afflux d’énergies vivifiantes.

Vivre dans la gratitude, avec une totale confiance en la Vie, nous procure la force intérieure pour assumer les adversités qu’elle met sur notre chemin, et nous permet de vivre dans la confiance en soi et le lâcher prise, sans angoisses existentielles et sans peur.

Bien sûr, la Vie apporte des situations qui déplaisent ou qui font souffrir. Mais l’Homme éveillé et confiant, conscient que tout ce qui advient est un moyen pour évoluer en harmonie avec l’Ordre universel, accueille la facilité et l’adversité, l’agréable et le désagréable, avec gratitude et une égale ouverture de cœur et d’esprit.

VIVRE DANS LA GRATITUDE PERMET D’OUVRIR SON CŒUR ET DE S’OUBLIER SOI-MÊME,
D’ÊTRE UN AVEC LE TOUT.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 22 octobre 2016.

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