LES LIMITES DE LA LAÏCITÉ FACE AU BESOIN DE SPIRITUALITÉ

Par Corinne Viggiano (enseignante).

De nos jours il semblerait que la laïcité devienne l’enjeu de bien des combats d’origine identitaire, et qu’au lieu d’apaiser elle suscite divisions et incompréhensions, exactement le contraire de ce qu’elle se propose d’apporter dès l’origine : une tentative d’éclairer le peuple et de le rassembler au-delà des convictions culturelles et religieuses. Mais la laïcité telle qu’elle est proposée et apprise à l’école n’a aucun fondement spirituel. Lire la suite…

RIEN NE NOUS EST DONNÉ POUR NOUS ÉCRASER

Deux ans avant sa mort, Christiane Singer parle de comment retrouver la gratitude dans les moments les plus difficiles de notre vie, comment chaque être peut faire la différence sur cette Terre, et pourquoi s’aimer soi-même dans tous ses opposés, est la clé la plus importante et le plus difficile pour cheminer et manifester vers la paix. De nombreux indices pour avancer vers la guérison au sens global et spirituel du terme. [16mn 11]

Note :

Romancière et essayiste, Christiane Singer est née à Marseille en 1943, de parents originaires d’Europe centrale.

Elle est lycéenne et élève du conservatoire de diction et d’art dramatique à Marseille, puis suit des études de lettres à Aix-en-Provence, où elle obtiendra un doctorat de Lettres Modernes.

Lectrice à l’Université de Bâle et chargée de cours à celle de Fribourg, elle suivra également l’enseignement de Dürckheim, un des disciples de Jung.

Son œuvre et sa réflexion personnelle sont tout entières centrées sur la prise en compte nécessaire du spirituel qui couve dans le cœur de chacun. Elle est un écrivain relativement prolifique, de sensibilité chrétienne imprégnée de sagesse orientale, qui s’abstient de donner des leçons de morale et exclut tout dogmatisme.

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, son premier livre, Les Cahiers d’une hypocrite, paraît en 1965.

Elle a obtenu plusieurs prix littéraires, dont le prix des libraires pour La Mort viennoise en 1979, le prix Albert-Camus pour Histoire d’âme en 1989, et le prix de la langue française en 2006 pour l’ensemble de son œuvre.

Elle dira à la radio : « J’ai écrit un livre sur Les Âges de la vie. J’ai tenté de montrer ces métamorphoses de l’être au cours de la vie. Il est évident que tout cela ne vaut que si l’on a appris en cours d’existence à mourir. Et ces occasions nous sont données si souvent ; toutes les crises, les séparations, et les maladies, et toutes les formes, tout, tout, tout, tout nous invite à apprendre et à laisser derrière nous. La mort ne nous enlèvera que ce que nous avons voulu posséder. Le reste, elle n’a pas de prise sur le reste. Et c’est dans ce dépouillement progressif que se crée une liberté immense, et un espace agrandi, exactement ce qu’on n’avait pas soupçonné. Moi j’ai une confiance immense dans le vieillissement, parce que je dois à cette acceptation de vieillir une ouverture qui est insoupçonnable quand on n’a pas l’audace d’y rentrer. »

Christiane Singer est morte à Vienne le 4 avril 2007.

À L’ÉCOUTE DE LA VIE

par le Dr Alfred TOMATIS (1)

«Ton fils n’est pas ton fils. C’est le fils de son temps.» Proverbe chinois

Chaque Être est imbibé dans une structure sonore qui le « sculpte ». Le son, c’est à dire le silence, ses diverses modulations et les bruits qui en rompent la trame, ne s’adressent pas seulement à l’oreille ; ils affectent le corps tout entier.

Profondément enfoui dans un cosmos qui l’enserre et l’emporte en sa course sidérale, l’homme est assurément la structure la plus complexe jusqu’alors élaborée. Or il est prouvé que l’univers en sa totalité n’est que la réponse phénoménologique d’une intentionnalité créatrice pour laquelle tout fut programmé et exprimé sous forme d’énergies émanant d’une source unique. La multiplicité de ces énergies et leurs interférences provoquèrent par leur inter-réaction les diverses cristallisations qui permirent au monde d’exister. En fait, tout est énergie. Et énergie en devenir. Dans sa constitution, l’homme est le modèle surgissant de la convergence des multiples champs énergétiques qui firent de lui le cristal organique le plus sophistiqué qui soit, tenu en suspension dans ce bain cosmique en permanente évolution. En ce sens l’homme apparaît comme un résonateur parfait convié à s’accorder aux harmonies dont les lois gouvernent le monde. Lire la suite…

L’AMOUR

L’amour est un mot que l’on utilise de plus en plus, en particulier dans les nombreux ouvrages dit ésotériques ou spirituels qui pullulent de nos jours. Nous parvenons à comprendre que le véritable amour n’est pas seulement physique, mais très rarement on nous l’explique autrement que de manière allégorique. L’amour est un état de conscience où la différence n’existe plus et dans lequel on se sent un avec l’Univers. Il vient de la compréhension que tout est un et que tout est lié. Mais avant de décrire plus avant cet état, il convient d’expliquer comment y parvenir.

Tout le monde s’accorde à dire que l’amour doit unir, donc il convient de savoir ce qui agit à l’encontre de cette union et comment y remédier. Tous les sages de toutes les traditions disent que la pensée est à l’origine de la différenciation et qu’il s’agit de faire ou d’atteindre le silence intérieur.

Pourquoi la pensée et toutes ses déclinaisons à travers le désir, le plaisir, la souffrance et bien d’autres sont sources de désunion ?

L’Homme est à la recherche du bonheur ou d’un certain bien-être et la pensée qui constitue le résultat de toutes ses expériences va lui montrer que bien-être est synonyme de plaisir. Donc il va rechercher à travers toutes ses expériences ce qui lui a procuré du plaisir et comme son expérience dans la quasi-totalité des cas est matérielle, il va courir après ce genre de plaisir.

Cette terre d’épreuves va nous permettre de devenir des êtres conscients ; nous avons l’intuition que l’on ne peut comprendre sans l’expérimentation. Lire la suite…

VOIR SANS CONCEVOIR

par Krishnamurti

Si vous marchez dans la petite ville le long de sa rue unique aux nombreuses boutiques – le boulanger, les accessoires pour photographes, la librairie et le restaurant à ciel ouvert – que vous passez sous un pont, après le couturier, puis un autre pont, et que vous allez plus loin que la scierie jusqu’au bois où vous entrez et où vous poursuivez votre chemin le long du torrent, regardant tout ce que vous avez rencontré avec des yeux et des sens pleinement éveillés, mais sans une pensée en votre esprit, vous saurez ce que veut dire être sans séparation. Si vous suivez le torrent et parcourez environ deux kilomètres – toujours sans un-seul tressaillement de la pensée – en regardant les eaux impétueuses, en écoutant leur vacarme, en regardant leur couleur : le gris vert des torrents de montagne, en voyant les arbres et le ciel bleu à travers les branches, et les feuilles vertes – encore sans une seule pensée, sans un seul mot – et alors vous saurez ce que veut dire n’avoir pas d’espace entre vous et le brin d’herbe.

Si de là vous passez à travers les prairies riches et verdoyantes, couvertes de milliers de fleurs de toutes les couleurs imaginables, depuis le rouge vif jusqu’au jaune et au violet, et d’herbe verte, bien propre, lavée par la pluie de la nuit précédente – encore une fois, sans un seul mouvement de la machinerie de la pensée -, alors vous saurez ce qu’est l’amour. Lire la suite…

5. DÉCOUVRIR LA VIE INTÉRIEURE

La vie intérieure ‒ la vie de l’âme ‒ crée un lien intime et profond entre le Moi et le Soi, entre notre personnalité terrestre et notre identité réelle et commune qui nous hisse au-delà de l’état d’animal et nous rend Homme. La vie intérieure nous enracine dans la Vie et nous fait participer à l’Unité du Tout.

Les modes de vie actuels ont plongé l’Homme dans l’activisme et l’agitation mentale incessante. Aveuglé par ses habitudes, ses désirs, ses projets et son besoin maladif de tout contrôler et dominer, vivant uniquement dans le paraître, il a perdu le lien conscient avec la réalité, avec sa dimension intérieure… avec lui-même.

Il croit être libre mais, coupé de son identité réelle, il se laisse manipuler et ne réagit qu’aux ordres et aux suggestions qu’il reçoit de son environnement.

SANS VIE INTÉRIEURE, ON NE VIT PAS,
ON FONCTIONNE COMME UN AUTOMATE.

Se rappeler que l’on est mortel, et que la mort peut survenir à n’importe quel moment, ouvre à l’intériorité et à l’instant présent. La mort nous aide à prendre pleinement conscience qu’au-delà de notre fonction sociale, nous sommes avant tout des enfants de la Vie et qu’un jour il nous faudra tout quitter.

La vie intérieure commence dès que l’on quitte l’agitation mentale engendrée par les préoccupations et les tracas de la vie quotidienne, dès que l’on prend ses distances avec les relations possessives et passionnelles que l’on entretient avec les êtres et les choses.

Le recul que nous offre l’intériorité nous met face à nous-mêmes et nous amène à nous remettre en question. Il nous permet de prendre conscience que les valeurs du monde sont éphémères et ne sont que des moyens pour accomplir notre destin en harmonie avec l’Ordre Universel.

Notre vie intérieure nous procure la Force d’approcher l’existence et ses aléas avec lucidité, bon sens et détachement, afin de vivre avec les choses et non pas pour les choses.

Une vie intérieure active, où l’on recherche et cultive le silence intérieur, nous hisse au-dessus de toute subjectivité et nous met en contact direct avec le Soi et les Forces vives de la Vie. Ce lien constant nous permet de vivre avec la pureté de l’état de conscience dans lequel nous sommes nés.

LA VIE INTÉRIEURE NOUS REND VIVANTS,
SENSIBLES, LUCIDES ET CONSCIENTS.

Dans le Monde Nouveau, le lien naturel, intérieur et purement individuel avec le Soi – fondement commun et sacré de notre humanité – remplacera les croyances religieuses et les systèmes d’éveil spirituel dont la fonction était de relier les consciences personnelles au plan métaphysique et unitaire de la réalité.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 19 décembre 2015.

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