UNE CONVERSATION SUR L’ART

Par Jean Klein.

EXTRAITS

Chercheur. Depuis un moment j’attends de vous demander à tous deux ce que vous pensez qu’est réellement l’art. Est-ce une collection amorphe d’expressions humaines ou bien pouvons-nous dire plus précisément ce que c’est ?

Philosophe. En dernier lieu tous les objets pointent vers la vérité et la beauté mais il y a des objets qui, par excellence, nous ramènent à la vérité et à la beauté. Ce sont des objets d’art.

Chercheur. Est-ce que tout ce que nous appelons généralement art a ce pouvoir?

Philosophe. L’art qui percute les sens et nous amène au-delà d’eux à un état éternel pourrait s’appeler « art sacré ». L’art décoratif expérimental nous laisse dans les sens, de sorte qu’il peut être appelé séculier.

Ces grandes œuvres « sacrées qui ont le pouvoir symbolique de nous éjecter dans le domaine impersonnel, sont très rares.

Chercheur. Parlons de ces œuvres d’art, Qu’entendez-vous lorsque vous dites qu’elles percutent les sens et nous emmènent au-delà ? […] Lire la suite…

15. LA BEAUTÉ

La beauté est une des valeurs suprêmes qui, à travers les temps, a accompagné et guidé l’humanité dans son évolution.

La beauté se trouve dans tout ce que la Vie engendre ; elle est la présence sensible de l’Esprit de Vie dans la diversité du monde. À travers le beau, le Mystère initial nous appelle et nous fascine comme la lumière captive le papillon. Dans ses diverses expressions – physique, intellectuelle, artistique et morale –, la beauté élève notre âme vers la source mystérieuse dont tout est issu.

LE BEAU ILLUMINE, VIVIFIE ET MAGNIFIE LE MONDE DES HOMMES.

L’Amour suprême, qui anime le Tout en une unité harmonieuse, fait naitre en nous l’aspiration à la beauté ; on trouve beau ce que l’on aime et on aime ce que l’on trouve beau.

L’émotion esthétique – bien au-delà du plaisir des sens – nous remplit dès que l’on quitte l’approche utilitaire de l’existence et le monde des pensées, et que l’on plonge dans la contemplation, état de totale ouverture et réceptivité de l’être. La contemplation nous éveille à une approche désintéressée et non possessive du monde ; à notre insu, elle nous met en harmonie avec l’Unité de la manifestation cosmique dont chacun de nous est une partie intégrante.

L’appréciation du beau est un jugement de valeur purement personnel et intime ; il dépend de la personnalité de chacun, et évolue avec l’âge et l’expérience.

TOUT COMME LA VÉRITÉ, LA BEAUTÉ S’APPROCHE DANS LA LIBERTÉ.

Tout grand Art, véhicule par excellence de la beauté, est indissociable de la dimension spirituelle de l’existence. Il transcende les cultures et résiste à l’usure du temps car il n’est pas un produit de la recherche et de l’imagination, mais le fruit de l’inspiration créatrice qui est pure découverte.

L’inspiration ne naît pas de la spéculation mentale, elle est un don de la Vie et trouve sa source dans le lien avec le Soi et les Forces métaphysiques créatrices. Tout créateur authentique est un intermédiaire qui, sous la dictée de l’inspiration, rend sensible l’invisible, insuffle de la Lumière dans la matière.

Le beau a la capacité d’émouvoir et d’émerveiller, d’unir et d’élever au-dessus de tout ce qui divise l’humanité. Beauté et créativité sont indispensables à l’Éveil intérieur, à l’individuation des consciences et à l’unification du monde. En tant que co-créateur de la Vie, l’Homme a la fonction d’engendrer la beauté afin que l’Amour et l’Unité règnent dans tous les aspects de l’existence.

VIVRE AVEC AMOUR, AVEC OUVERTURE DE CŒUR, NOUS FAIT DÉCOUVRIR QUE,
DANS L’EXISTENCE, TOUT SE RÉSUME À LA BEAUTÉ… OU À LA LAIDEUR.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 7 janvier 2017.

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8. LA FORCE SUPRÊME DE L’AMOUR

À l’image du soleil unique qui, depuis le début des temps, anime et éclaire le monde physique, la Force métaphysique suprême de l’Amour anime et illumine l’ensemble de la manifestation cosmique.

Cette Force spirituelle dominante est source de Vie, de Conscience et d’Intelligence, et meut dans une Unité harmonieuse le Tout dans sa grande diversité, de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

L’Amour suprême transcende l’espace et le temps ; il est au-delà de toute dualité, de tout sentiment et raisonnement, et échappe à jamais à la compréhension humaine.

Cette Force cosmique primordiale est présente, sous une forme ou une autre, dans tout ce qui existe. Elle est la cause première et occulte de la relation, de l’interaction et de la complémentarité entre les êtres et les choses, et donne à toute manifestation son sens d’être et son utilité.

DANS L’UNIVERS, OÙ TOUT EST RELIÉ ET INTERDÉPENDANT,
TOUT EST MÛ PAR LA FORCE SUPRÊME DE L’AMOUR.

L’amour tel qu’il est vécu par l’Homme est, dans l’âme et la conscience humaine, l’écho de l’Amour suprême qui s’impose comme une Force venue d’ailleurs. L’Amour nous fascine, nous domine et engendre en chacun de nous l’aspiration à l’Unité et à la paix, à l’harmonie et à la beauté, à la vérité et à la justice.

Aimer c’est être Un avec le Tout. C’est accepter les êtres et les choses tels qu’ils sont, avec leurs forces et leurs faiblesses, en commençant par s’accepter soi-même ; c’est réaliser sa propre Unité intérieure en mariant son Moi au Soi, sa personnalité terrestre à l’identité réelle, impersonnelle, commune à tous les Hommes.

PAR ESSENCE ET NAISSANCE, L’HOMME EST PORTEUR D’AMOUR
ET D’UNITÉ DANS LA DIVERSITÉ DU MONDE.

Mais ce que l’on appelle communément amour n’est souvent que séduction, convoitise, soif d’aventures sensuelles et passionnelles ; plaisirs bien éphémères qui, la plupart du temps, cachent un désir de pouvoir personnel, une volonté de posséder et de dominer… et finissent dans l’insatisfaction et la désillusion.

L’Homme, doté de conscience de soi, connait le désir qui est l’aspiration à la plénitude. Tout désir est légitime lorsqu’il est en accord avec la conscience, et qu’il répond donc à un besoin évolutif, à une nécessité. La satisfaction des désirs légitimes, par les prises de conscience qu’elle apporte, nous fait évoluer en conscience, grandir en sagesse et en humanité.

L’amour véritable s’oppose à la recherche de pouvoir personnel ; l’amour est don. Il est multiple dans ses expressions et commence par l’amour-besoin de l’enfant pour sa mère. Il évolue de l’amour personnel intéressé – sentiment amoureux, amour de l’art, du savoir, etc. – à l’amour impersonnel et désintéressé qui nous ouvre à l’altruisme et à la solidarité, nous fait prendre conscience de l’importance du bien commun et nous éveille parfois à l’amour-compassion qui appelle au don total de soi.

De même que la fenêtre n’éclaire pas la pièce, mais est un intermédiaire transparent qui laisse passer la lumière du soleil, de même l’Homme n’aime pas par lui-même, mais a la fonction existentielle d’être un canal, un intermédiaire impersonnel et désintéressé, à travers lequel l’Amour se manifeste.

La mission universelle de l’Homme est d’être co-créateur de la Vie en étant éveillé à la voix intuitive de sa conscience – à l’Intelligence du cœur – qui est celle de l’Amour et de l’Unité du Tout en chacun de nous.

C’EST EN VIVANT AVEC AMOUR QUE L’HOMME
MARIE ESPRIT ET MATIÈRE, CIEL ET TERRE, CŒUR ET RAISON,

AFIN QUE TOUTES CHOSES SOIENT UNE.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 26 mars 2016.

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6. LA LIBERTÉ

Nous naissons tous libres, dotés de conscience de soi et de libre arbitre, afin de remplir notre mission existentielle dans la liberté et la dignité.

Chacun d’entre nous est unique, a sa personnalité, ses besoins et ses aspirations propres, et possède l’intelligence et les capacités nécessaires pour accomplir son destin en servant le contexte social dans lequel il évolue.

Nous aspirons tous à vivre libres mais, coupés du Soi qui nous enracine dans la Vie et nous fait participer à l’Unité du Tout, nous ignorons ce qu’est la Liberté. Seule la vie intérieure nous révèle pleinement que nous appartenons à la Vie, et que la Liberté est un droit naturel et sacré qui nous est donné uniquement pour écouter notre conscience et agir en conséquence.

LA LIBERTÉ EST LE DON SUPRÊME DE LA VIE
QUE L’ON SE DOIT DE RESPECTER ET DE DÉFENDRE.

On confond souvent la Liberté et les comportements immatures, irresponsables, sauvages, voire agressifs, par lesquels on assouvit les bas instincts et on satisfait les désirs et les intérêts égoïstes.

Par arrivisme et soif de pouvoir, ou par faiblesse, pour acquérir une illusoire sécurité, l’Homme sacrifie sa liberté et perd sa dignité. Victime du « qu’en dira-t-on », dominé par l’esprit de masse, il perd son individualité.

NOUS NAISSONS LIBRES ET AVONS LE DEVOIR DE LE RESTER
TOUT AU LONG DE L’EXISTENCE.

L’absence de liberté emprisonne l’âme, engendre l’insatisfaction profonde, les angoisses existentielles et la dépression. La Liberté donne à chacun le droit de s’épanouir pleinement et d’évoluer en vivant les expériences dont il a besoin pour satisfaire ses désirs et aspirations légitimes.

Être libre commence par l’acceptation de soi tel que l’on est, avec nos forces et nos faiblesses. Être libre exige que l’on soit pleinement soi-même et que l’on respecte notre propre liberté de conscience en refusant les conditionnements aliénants que notre environnement chercherait à nous imposer.

L’Homme libre pense par lui-même et décide en son âme et conscience ce qu’il doit faire ou ne pas faire. Autonome dans sa pensée, il est soumis à la voix de sa conscience et respecte l’Autorité de la Vie ; responsable de ses actes, il en assume les conséquences. L’Homme libre est entier ‒ intègre, conséquent et cohérent ‒ et vit en harmonie avec l’Unité du Tout.

Le changement de mentalité, indispensable pour la naissance d’un Monde Nouveau, exige que l’humanité dans son ensemble prenne pleinement conscience que la Liberté est le fondement naturel de l’équilibre individuel, et que seul l’équilibre individuel garantit une paix sociale durable.

POUR VIVRE EN HARMONIE AVEC L’ORDRE UNIVERSEL,
LA LIBERTÉ EST PLUS QUE NÉCESSAIRE… ELLE EST VITALE.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 23 janvier 2016.

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5. DÉCOUVRIR LA VIE INTÉRIEURE

La vie intérieure ‒ la vie de l’âme ‒ crée un lien intime et profond entre le Moi et le Soi, entre notre personnalité terrestre et notre identité réelle et commune qui nous hisse au-delà de l’état d’animal et nous rend Homme. La vie intérieure nous enracine dans la Vie et nous fait participer à l’Unité du Tout.

Les modes de vie actuels ont plongé l’Homme dans l’activisme et l’agitation mentale incessante. Aveuglé par ses habitudes, ses désirs, ses projets et son besoin maladif de tout contrôler et dominer, vivant uniquement dans le paraître, il a perdu le lien conscient avec la réalité, avec sa dimension intérieure… avec lui-même.

Il croit être libre mais, coupé de son identité réelle, il se laisse manipuler et ne réagit qu’aux ordres et aux suggestions qu’il reçoit de son environnement.

SANS VIE INTÉRIEURE, ON NE VIT PAS,
ON FONCTIONNE COMME UN AUTOMATE.

Se rappeler que l’on est mortel, et que la mort peut survenir à n’importe quel moment, ouvre à l’intériorité et à l’instant présent. La mort nous aide à prendre pleinement conscience qu’au-delà de notre fonction sociale, nous sommes avant tout des enfants de la Vie et qu’un jour il nous faudra tout quitter.

La vie intérieure commence dès que l’on quitte l’agitation mentale engendrée par les préoccupations et les tracas de la vie quotidienne, dès que l’on prend ses distances avec les relations possessives et passionnelles que l’on entretient avec les êtres et les choses.

Le recul que nous offre l’intériorité nous met face à nous-mêmes et nous amène à nous remettre en question. Il nous permet de prendre conscience que les valeurs du monde sont éphémères et ne sont que des moyens pour accomplir notre destin en harmonie avec l’Ordre Universel.

Notre vie intérieure nous procure la Force d’approcher l’existence et ses aléas avec lucidité, bon sens et détachement, afin de vivre avec les choses et non pas pour les choses.

Une vie intérieure active, où l’on recherche et cultive le silence intérieur, nous hisse au-dessus de toute subjectivité et nous met en contact direct avec le Soi et les Forces vives de la Vie. Ce lien constant nous permet de vivre avec la pureté de l’état de conscience dans lequel nous sommes nés.

LA VIE INTÉRIEURE NOUS REND VIVANTS,
SENSIBLES, LUCIDES ET CONSCIENTS.

Dans le Monde Nouveau, le lien naturel, intérieur et purement individuel avec le Soi – fondement commun et sacré de notre humanité – remplacera les croyances religieuses et les systèmes d’éveil spirituel dont la fonction était de relier les consciences personnelles au plan métaphysique et unitaire de la réalité.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 19 décembre 2015.

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