TÉMOIGNAGE «  LA LEÇON DE PROFESSEUR HIBOU »

par Diane Combes, professeur des écoles en maternelle

La question de l’éducation est omniprésente dans la pratique du métier d’enseignant auprès de jeunes élèves. Depuis toujours, j’ai tenté de faire trouver aux enfants leur propre référence plutôt que de les faire obéir à des comportements codifiés. La tâche n’est pas simple dans un environnement où la liberté de conscience n’est pas reconnue comme nécessité première à toutes les étapes du développement d’un individu. Aussi, il est difficile de participer à la formation d’êtres véritablement libres, autonomes et responsables. J’ai trouvé dans La leçon de Professeur Hibou un excellent outil au service de l’éveil au réservoir de sagesse et de bonté enfoui au plus profond de chacun.

La mise en application de cette « leçon » m’a tout d’abord demandé d’abandonner l’habitude d’intervenir de façon extérieure sur le comportement des élèves. Pour résoudre les difficultés quotidiennes, j’accompagne maintenant les enfants vers la réponse venant de leur cœur. Au début, je les aide à formuler la question, par exemple : « Est-ce que c’est bien de dire bravo quand quelqu’un fait tomber quelque chose ? » ou bien : « Demandez à votre cœur si vous pouvez rester à côté ou si c’est mieux de vous séparer. » C’est ainsi qu’ils découvrent avec joie que « le cœur, il tient toutes les réponses » ou dit autrement : « Notre cœur, il a bien raison ! ».

Quand on amène l’enfant à se référer à lui-même, on ne soulève pas en lui la susceptibilité, la révolte ou le sentiment d’injustice. On ne provoque pas la soumission passive ou les vaines promesses de ne plus recommencer. On rend autonome et responsable, tout naturellement.

Les enfants, enclins à répéter ce qu’ils entendent autour d’eux ou à dire ce qu’ils perçoivent de l’attente de l’adulte, manifestent ici, au contraire, leur différence et trouvent leurs propres réponses aux sollicitations qui leur sont faites. L’ouverture à leur source personnelle d’inspiration est la clef de la mise en œuvre, en tout domaine, de leur créativité personnelle.

Par ailleurs, j’ai constaté que le sens de l’histoire est intégré immédiatement à la maison. Les parents se prêtent facilement au jeu car les enfants sont très demandeurs. Ils observent leurs enfants se mettre spontanément en retrait et dire à haute voix : « Je demande à mon cœur… »

En se référant à la conscience profonde vivante en chaque individu, le sentiment de supériorité de l’adulte est banni. L’adulte écoute sa conscience au même titre que chaque enfant, d’où une reconnaissance mutuelle, une forme de complicité et d’amour naturel qui donne à l’adulte sa vraie autorité. La joie et la bonne humeur règnent dans la collectivité. Un regard suffit pour le rappel à l’ordre.

Peut-on imaginer l’harmonie de la société dans laquelle on vivrait si l’on préservait la pureté de cœur et la liberté des enfants ?

Source : https://www.vivrelibre.net – Novembre 2016

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