« Le droit de tout homme est d’écouter sa conscience, et d’agir selon ce qu’elle lui dicte » – Einstein
Il fut un temps où certains pouvaient encore penser que l’inconscient n’était qu’une part négligeable de notre esprit, une sorte de résidu archaïque devant céder la place à l’évolution au conscient raisonné et logique. Aujourd’hui, les neurosciences ont confirmé sa place centrale : l’inconscient est le lieu de la mémoire – des mémoires, plus exactement -, de l’imaginaire, de la créativité, de l’intuition. Il n’est en rien inférieur au conscient. Étant capable d’élaborer, d’inventer, de deviner… L’inconscient est ce qui distingue fondamentalement l’homme de la machine et de l’ordinateur en particulier.
Il est beaucoup trop réducteur de comparer le cerveau et un disque dur. À la différence de la machine, nous sommes capables, malgré nous pourrait-on dire, de penser sans mots, d’imaginer, de symboliser, de pressentir. L’homme n’est pas réductible à sa mécanique neuronale, ni à ses gènes, ni à ses hormones.
Il est cela mais aussi un organisme complexe intégrant des millions de paramètres, en interaction permanente avec son entourage et son environnement et en perpétuel changement et élaboration de lui-même. Il est capable d’actions irraisonnées, poétiques, hasardeuses, allant même à l’encontre de ses intérêts propres ; capable de se remettre en cause, d’agir hors des chemins indiqués par ses « programmes » : et parfois, c’est justement cela qu’il faut faire, contre toute logique… Quelque chose en lui, sait, connaît, bien avant que cela ne soit mis en mots. Cette surprenante capacité humaine est due à la présence de l’inconscient, échappant à toute définition voulant l’enfermer trop étroitement. L’inconscient est non seulement bien là, mais toujours présent dans l’ensemble des actions de la vie quotidienne.
Sans lui, la pensée consciente et rationnelle serait d’une pauvreté affligeante. Sans inconscient, pas de prise de conscience, pas d’intuition fulgurante, pas de saisissant raccourci permettant d’un seul coup de se dégager d’un problème. L’inconscient est toujours actif. Les neurosciences montrent, grâce à des séries d’expérimentations, que l’inconscient enregistre sans que le conscient en soit informé, des informations implicites, voire subliminales c’est-à-dire trop rapides pour être conscientisées. Il n’est pas seulement le lieu d’un dépôt passif, il est aussi réactif aux émotions et capable de cognition, c’est-à-dire de traiter seul et de façon originale l’information. En d’autres termes, nous voyons, entendons, accumulons des informations, des émotions et des ressentis sans nous en rendre compte. Tout cela forme un formidable brassage dans un lieu sans forme nommé INCONSCIENT. Mais à l’inverse, cet inconscient n’est rien sans l’apport du CONSCIENT et de la RÉFLEXION, réflexion sans laquelle rien de positif n’est possible…
Face à la pensée unique, plus que jamais, chacun de nous, adopte l’attitude de résistance passive, action froide, méthodique, intelligente, exempte d’impulsivité : moyen de défense spécifique de l’individualiste acrate ; pour lui, la vraie grandeur de l’Homme ne réside pas dans sa multiplication inconsidérée, mais dans 1’accomplissement quotidien de son perfectionnement personnel.
Par Marcel Renoulet
Source : La lettre de l’Homme Libre – Juillet, août, septembre 2009
