SI TU VEUX CHANGER LE MONDE…

Par Carl Gustave Jung.

Une minorité d’humains, encore trop faible, se demande si en définitive, la meilleure façon de servir la société et les hommes ne serait pas de commencer chacun par soi-même, d’essayer d’abord et uniquement sur sa propre personne, dans sa propre économie interne, les réformes prêchées à tous les carrefours.

Un certain bouleversement de l’ordre établi, un branle-bas intime, la dissolution de ce qui existe et le renouvellement intérieur sont une nécessité pour chaque individu ; mais il ne s’agit pas de les imposer aux autres sous le couvert hypocrite de l’amour chrétien du prochain, du sentiment de la responsabilité, ou de je ne sais quel autre prétexte, masquant des besoins inconscients de domination.

Comment guérir de cet aveuglement collectif qui sévit à l’heure actuelle ?

On ne peut envisager sa guérison que si chacun fait un retour sur lui-même (Selbstbesinnung), retour qui le ramènera au fond humain primordial, à l’essentiel de sa propre nature, et qui lui permettra de dégager de ses gangues sa vraie vocation individuelle et sociale.

Source : Psychologie de l’inconscient – Carl Gustave Jung

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LA FONCTION DE L’INCONSCIENT

par C.G Jung

Il existe une voie, une possibilité de parvenir au-delà des échelons psychologiques, des niveaux mentaux et humains décrits dans la première partie de cet ouvrage : c’est la voie de l’individuation.

La voie de l’individuation signifie : tendre à devenir un être réellement individuel et, dans la mesure où nous entendons par individualité la forme de notre unicité la plus intime, notre unicité dernière et irrévocable, il s’agit de la réalisation de son Soi, dans ce qu’il a de plus personnel et de plus rebelle à toute comparaison.

On pourrait donc traduire le mot d’« individuation » par « réalisation de soi-même », « réalisation de son Soi ». Lire la suite…

INTUITION, L’ENFANT CACHÉ DE LA CONNAISSANCE

par Mireille Rosselet-Capt

Regardée avec méfiance par les milieux scientifiques pour son irrationalité, encensée par le New Age pour son aspect magique, l’intuition se voit trop souvent opposée à la raison. Pourtant, elle constitue un mode de relation au réel, une ressource cognitive d’une grande valeur heuristique et créative qu’il convient de réhabiliter.

Le concept d’intuition joue un rôle clé dans différents domaines de la psychologie autant que dans l’expérience quotidienne. Lorsque les psychologues se sont attelés à la tâche de définir l’intelligence et de la mesurer, des débats vifs et nombreux se sont produits sur la question de savoir ce qui peut être considéré comme une conduite « intelligente ». Le QI (1) représente le modèle le plus connu, mais il n’est de loin pas le seul. Une théorie alternative qui fait la part belle à l’intuition aussi bien qu’à l’intelligence pratique est le modèle triarchique de l’intelligence de Sternberg (2). Il reconnaît trois grandes formes d’intelligence, qui fonctionnent de manière intégrée: l’intelligence analytique (permettant le raisonnement abstrait, l’analyse et le traitement de l’information), l’intelligence créative (fonctionnant par intuition et permettant la création et l’innovation) et l’intelligence pratique (ou sens commun, qui permet l’adaptation au contexte).

Et c’est l’intelligence créative-intuitive « qui serait responsable de l’insight, cet éclair qui surgit subitement sans que l’on puisse analyser le cheminement qui y a conduit et qui permet de réagir aux situations nouvelles ». Albert Einstein, par exemple, possédait, semble-t-il, à un degré élevé cette forme d’intelligence: « De son propre aveu, Einstein pensait d’abord sous forme d’images et de situations concrètes; il a raconté par exemple que c’est en s’imaginant à califourchon sur un rayon de lumière qu’il a eu l’idée de la relativité restreinte (3). » Son exemple montre bien comment les trois formes d’intelligence interagissent : on y voit clairement le lien de l’intuition avec l’expérience concrète, mais aussi avec le raisonnement abstrait:  c’est parce qu’il réfléchissait de longue date au problème de la vitesse des objets que cet insight a pu être éclairant pour Einstein. Et après l’insight, il a dû ensuite « revenir à l’intelligence analytique pour structurer logiquement et mathématiquement le tout (4) ». Lire la suite…

LE LIVRE ROUGE

par Carl Gustav JUNG

Livre rouge« Ces années pendant lesquelles j’étais tellement occupé par les images intérieures ont été l’époque la plus importante de ma vie. Tout le reste en découle ». C. G. JUNG

Dans ce livre inouï, Jung raconte son voyage intérieur dans les profondeurs de l’âme, sa descente sinon aux enfers, du moins dans le chaos d’une psyché troublée et les méandres de ses propres désorientations. Traversant une crise de mi-vie, après avoir refusé d’être le docile disciple de Freud, il cherche des réponses donnant du sens à la vie, et pose cette question éternelle : « Mon âme, qu’as-tu à me dire ? »

Médecin renommé pour ses travaux sur la schizophrénie, inlassable interprète des mythes et des symboles, Jung est aussi un fils de pasteur qui a perdu la foi mais continue d’interroger la Bible et le christianisme. C’est pourquoi toutes les racines culturelles de notre temps structurent ce grand texte, tour à tour narratif et visionnaire, poétique et métaphysique.

Après la publication en très grand format du somptueux Livre Rouge manuscrit, calligraphié et orné de sa main, voici venu le temps de lire en continu, dans une édition pratique, un texte dont le premier jet fut écrit en moins de deux cents jours, à partir de novembre 1913, puis médité pendant toute la Grande Guerre…

Très au-delà de son rôle bien connu de pionnier historique de la psychanalyse, Jung se révèle ici un penseur culturel incontournable et majeur.

ISBN 978-2-35204-208-2

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