LA PLUS BELLE VÉRITÉ

Par C.-G. Jung

Le public commet l’erreur fondamentale de croire qu’il existe des réponses déterminées, des « solutions » ou des conceptions qu’il suffirait d’exprimer pour répandre la clarté nécessaire.

Mais la plus belle vérité ne sert à rien, comme l’histoire l’a mille fois montré, tant qu’elle n’est pas devenue l’expérience première, profonde de l’individu. Toute réponse univoque, celle que l’on dit « claire », reste cependant toujours fixée dans la tête, et il est extrêmement rare qu’elle pénètre jusqu’au cœur.

Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de « savoir » la vérité, mais de l’apprendre. Non pas d’avoir une conception intellectuelle, mais de trouver le chemin qui conduit à l’expérience intérieure irrationnelle et peut-être inexprimable en mots.

Voilà le grand problème. Rien n’est plus stérile que parler à propos de comment les choses doivent ou devraient être et rien n’est plus important que de trouver le chemin vers ces buts éloignés.

Source : Extrait de « L’Âme et la vie », 1995.

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LE « RETOURNEMENT » NE PEUT SE PRODUIRE QUE DANS LE CŒUR

Par Jean-Bruno Falguière

Le « retournement » ne peut se produire que dans le cœur.

Jamais un être humain ne pourra connaître ce bouleversement de manière intellectuelle. La mutation ne peut s’opérer que si l’on passe du plan « psychologique » au plan « spirituel ». Par ce chemin-là et seulement par lui, le « moi » perdra son intensité, « moi » corrupteur si assuré de lui.

Or, il n’y a aucun espoir à attendre du mental d’un homme… Le je-moi s’approprie le monde, persuadé qu’il lui appartient. Il s’est emparé de nos vies au point de nous persuader que nous sommes lui. Cette persuasion est si forte que beaucoup d’entre les humains rejetteront l’idée même d’une appartenance à une autre source, à une autre origine, à une autre force créatrice que le moi infantile et apeuré qui conditionne leur vie et la voue à un aveuglement définitif.

Source : Scribe de Dieu – Un voyage spirituel au cœur de la confrérie soufie Boutchichiya, Erick Bonnier Éditions

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NOUS SOMMES DES VOYAGEURS D’ÉTERNITÉ

Par Christiane Singer

Selon Jung, ce qui manque le plus dans notre siècle, c’est l’intensité. Notre époque est superficielle à l’extrême. Elle est terrifiante de violence, de cruauté et de dureté. Mais pire encore est l’insignifiance. Nous n’entrons plus dans la profondeur des choses. Tout est à consommer immédiatement puis à rejeter. Dès qu’il y a un silence, on le comble, on en a peur.

Nous sommes la première société qui ne sache pas ménager des espaces de silence, de retraite. Toute société, tout « contrat social » n’est, bien sûr, qu’une « hypothèse de travail ». Il faut dans la mesure du possible la respecter mais surtout ne pas l’ériger en loi naturelle !

L’essentiel de notre nature et de notre mission se situe au-delà du consensus social. Nous sommes des voyageurs d’éternité – et non pas seulement des citoyens et des électeurs !

Nous sommes appelés à tout instant et si nous n’entendons pas cette voix qui nous appelle, nous mourons étouffés. Nous sombrons dans la dépression et dans le désespoir parce que notre identité véritable nous échappe.

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L’AMOUR, SENTIMENT OU ÉNERGIE ?

Par Jean-Bruno Falguière.

L’Amour n’est pas un sentiment ! C’est l’énergie créatrice la plus puissante de l’univers. Sans l’Amour, l’être humain n’est rien. Il est donc invité à sortir de l’identification à son animalité pour s’éveiller à sa nature spirituelle. La plus grande souffrance de ce monde est le manque d’Amour.

Jean-Bruno Falguière est psychanalyste, écrivain et animateur de l’atelier L’Autre est une école, atelier d’éveil à la nature psychologique de la créature humaine et à l’identité spirituelle de l’Être.

[10mn 50]

ÉVOLUTION ET RÉVOLUTION

par Elisée Reclus

L’évolution est le mouvement infini de tout ce qui existe, la transformation incessante de l’univers et de toutes ses parties depuis les origines éternelles et pendant l’infini des âges. Les voies lactées qui font leur apparition dans les espaces sans bornes, qui se condensent et se dissolvent pendant les millions et les milliards de siècles, les étoiles, les astres qui naissent, qui s’agrègent et qui meurent, notre tourbillon solaire avec son astre central, ses planètes et ses lunes, et, dans les limites étroites de notre petit globe terraqué, les montagnes qui surgissent et qui s’effacent de nouveau, les océans qui se forment pour tarir ensuite, les fleuves qu’on voit perler dans les vallées, puis se dessécher comme la rosée du matin, les générations des plantes, des animaux et des hommes qui se succèdent, et nos millions de vies imperceptibles, de l’homme au moucheron, tout cela n’est que phénomène de la grande évolution, entraînant toutes choses dans son tourbillon sans fin.

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LA STANDARDISATION DES ESPRITS

Par J. Krishnamurti.

Notre éducation consiste pour une large part à acquérir du savoir, ce qui nous rend de plus en plus mécaniques ; nos esprits s’enferment dans la routine, que ce soit en acquérant un savoir scientifique, philosophique, religieux, commercial ou technologique. Nos modes de vie, à la maison ou au dehors, et le fait de nous spécialiser dans une profession donnée rendent nos esprits de plus en plus étroits, limités et incomplets. Tout cela mène à un mode de vie mécanique, à une standardisation des esprits et c’est ainsi que, progressivement, l’État, même un état démocratique, nous dicte ce que nous devons devenir.

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