LECTURES CHOISIES

NOUS SOMMES DES VOYAGEURS D’ÉTERNITÉ

Par Christiane Singer

Selon Jung, ce qui manque le plus dans notre siècle, c’est l’intensité. Notre époque est superficielle à l’extrême. Elle est terrifiante de violence, de cruauté et de dureté. Mais pire encore est l’insignifiance. Nous n’entrons plus dans la profondeur des choses. Tout est à consommer immédiatement puis à rejeter. Dès qu’il y a un silence, on le comble, on en a peur.

Nous sommes la première société qui ne sache pas ménager des espaces de silence, de retraite. Toute société, tout « contrat social » n’est, bien sûr, qu’une « hypothèse de travail ». Il faut dans la mesure du possible la respecter mais surtout ne pas l’ériger en loi naturelle !

L’essentiel de notre nature et de notre mission se situe au-delà du consensus social. Nous sommes des voyageurs d’éternité – et non pas seulement des citoyens et des électeurs !

Nous sommes appelés à tout instant et si nous n’entendons pas cette voix qui nous appelle, nous mourons étouffés. Nous sombrons dans la dépression et dans le désespoir parce que notre identité véritable nous échappe.

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LE JUGEMENT

Voici une histoire que Lao-Tseu aimait raconter.

Un pauvre chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu’il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu’on lui proposait une fortune pour l’animal, le vieillard répondait :

– Ce cheval est beaucoup plus qu’un animal pour moi, c’est un ami. Je ne veux pas le vendre.

Un jour le cheval disparut. Les voisins rassemblés devant l’écurie vide donnèrent leur opinion :

– Pauvre idiot, il était prévisible qu’on te volerait cette bête ! Pourquoi ne l’as-tu pas vendue ? Quel malheur !

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LE BESOIN SPIRITUEL

Par Jean-Louis Abrassart

Dans les temps reculés de la préhistoire, avant l’aube du langage, les hommes de Néenderthal enterraient déjà leurs morts, sans vraiment avoir conscience de ce qu’ils faisaient.

L’être humain a toujours senti, au fond de lui-même, qu’il n’était que de passage, que la condition humaine n’était qu’une des formes de la vie. Qu’est-ce la spiritualité au-delà des formes que lui ont donné les traditions religieuses ? Ne serait-ce pas ce besoin de se poser la question du sens de la vie, de l’origine et de la finalité de l’homme sur terre, de sa place dans l’univers ?

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VIVRE SANS MENTIR

Par Alexandre Soljénitsyne

Extraits

[…] C’est déjà le fond de l’abîme, la mort universelle de l’esprit est imminente, la mort physique aussi dans le brasier qui nous engloutira tous, nous et nos enfants. Et nous continuons, comme devant, de sourire peureusement et de balbutier indistinctement :

‒ Mais comment pourrions-nous bien nous y opposer ? Nous sommes sans force.

Nous sommes si irrémédiablement déshumanisés que, pour toucher notre modeste ration de nourriture aujourd’hui, nous sommes prêts à sacrifier tous nos principes, notre âme, tous les efforts de nos ancêtres, toutes les espérances de nos descendants, tout, pourvu qu’on ne touche pas à notre chétive existence.

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LA SEULE CHOSE QUE NE SUPPORTE PAS CE SYSTÈME, C’EST L’AMOUR

Par Gonzalo Arango

Je suis convaincu que la violence est négative, la physique comme la mentale. Si je tire une balle contre le système, il en a mille pour me tuer. Si j’ouvre une porte à coups de pied, il m’en ferme cent. Si je fais peur à un policier, il m’emprisonne. Si je me rebelle, le système se renforce. Si je proteste, il m’écrase. Si je lui déclare la guerre, il me vainc. Si je me déclare en grève de la faim, je m’évanouis.

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L’ÉCOLOGIE EXTÉRIEURE EST INSÉPARABLE DE L’ÉCOLOGIE INTÉRIEURE

Extrait d’un entretien avec Annick de Souzenelle – Propos recueillis par Juliette Kempf pour Reporterre

[…] Reporterre – Quel est selon vous le cœur de la problématique écologique ?

Une perte totale du monde céleste, du monde divin. L’Homme est comme un arbre. Il prend ses racines dans la terre, et ses racines dans l’air, la lumière. Il a des racines terrestres et des racines célestes. L’Homme ne peut pas faire l’économie de ces deux pôles. Jusqu’à récemment, il a vécu ses racines terrestres dans des catégories de force, car il ne connaissait que la « lutte contre » quelque ennemi que ce soit (intempéries, animaux, autres humains…). Il ne sait que « lutter contre » car il est dans une logique binaire. À partir de la fin de la dernière guerre, à partir des années 1950 et 1960 en particulier, il y a eu un renversement de la vapeur. On a envoyé promener le monde religieux, qui n’apportait que des obligations, des « tu dois », des menaces de punition de la part du ciel, c’était un Dieu insupportable. Nietzsche a parlé de la mort de Dieu. Merci, que ce dieu-là meure ! Mais on n’a pas été plus loin dans la recherche. Aujourd’hui, ce qu’il se passe, c’est qu’il y a un mouvement fondamental, une lame de fond qui est en train de saisir l’humanité, le cosmos tout entier, pour que l’humanité se retourne, dans une mutation qui va avoir lieu, qui ne peut plus ne pas avoir lieu, pour qu’elle retrouve ses vraies racines divines, qui sont là.

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LE SILENCE

Par Satprem

On s’aperçoit qu’il suffit de faire un pas en arrière dans sa conscience, juste un petit mouvement de retrait, et l’on entre dans une étendue de silence. Comme s’il y avait un coin de notre être qui avait les yeux à jamais fixés sur un grand Nord tout blanc.

Le vacarme est là, dehors, la souffrance, les problèmes, et on fait un léger mouvement intérieur, comme pour franchir un seuil, et, tout d’un coup, on est en dehors (ou en dedans ?) à mille lieues et plus rien n’a d’importance, on est sur des neiges de velours.

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L’ÂGE SOMBRE

Par René Guénon.

La doctrine hindoue enseigne que la durée d’un cycle humain, auquel elle donne le nom de Manvantara, se divise en quatre âges, qui marquent autant de phases d’un obscurcissement graduel de la spiritualité primordiale ; ce sont ces mêmes périodes que les traditions de l’antiquité occidentale, de leur côté, désignaient comme les âges d’or, d’argent, d’airain et de fer.

Nous sommes présentement dans le quatrième âge, le Kali-Yuga ou « âge sombre », et nous y sommes, dit-on, depuis déjà plus de six mille ans, c’est-à-dire depuis une époque bien antérieure à toutes celles qui sont connues de l’histoire « classique ».

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LE VACARME

Par Gilbert Frey

L’homme économique moderne est devenu totalement incapable de penser autrement qu’en mode quantitatif, numérique. Seul le monde extérieur : la direction uniquement « horizontale » de l’investigation du réel relatif, peut encore déclencher quelque réaction dans les cervelles actuelles. L’autre porte, le réservoir sans fond des sources subjectives, absolues, éternelles et non conditionnées par le « prêt-à-penser » de l’ordre du jour, est obstrué et devenu totalement inaccessible, ignoré, inconnu des êtres de notre temps. Lire la suite…

SCIENCE ET SAGESSE

par Albert Chantraine.

Les sciences modernes ont découvert des principes, mais les résultats en sont des techniques aberrantes et inutiles.

Ce qu’on appelle orgueilleusement « les Sciences » ne sont que des connaissances issues des perceptions des sens par le mental de la plupart des hommes dit savants. Rares sont ceux qui, parmi eux, effectuent des recherches en mettant en jeu leur mental allié à une conscience supérieure. Lire la suite…

POUR ÉTOUFFER PAR AVANCE TOUTE RÉVOLTE

Par Günther Anders.

Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Lire la suite…

DANS CE MONDE…

Par Krishnamurti.

Dans ce monde, il y a tant d’opinions et de théories contradictoires, tant d’affirmations grotesques et de revendications émotionnelles, qu’il est difficile de discerner ce qui est vrai, ce qui est d’une aide réelle à la compréhension et à la réalisation individuelles.

Ces affirmations, les unes fantastiques, les autres vraies, d’autres violentes, d’autres absurdement embrouillées, sont créées et lancées vers nous par des livres, des périodiques, des conférenciers et nous en devenons les victimes. Elles promettent des récompenses et, en même temps, menacent et contraignent avec subtilité. Lire la suite…

LA QUESTION DES RELATIONS HUMAINES

Par C.G. Jung.

La question des relations humaines et des rapports interhumains dans le cadre de notre société est devenue un souci urgent en face de l’atomisation des hommes « massifiés », simplement entassés les uns sur les autres, et dont les interrelations personnelles sont minées par une méfiance généralisée.

Lorsque les fluctuations du droit, l’espionnage policier et la terreur sont à l’œuvre, les hommes sont acculés à l’isolement et à n’être que des parcelles menacées, ce qui cadre avec le but et l’intention de l’état dictatorial, qui repose sur l’amoncellement aussi massif que possible d’unités sociales impuissantes. Lire la suite…

LETTRE À UN LIBRE-PENSEUR

Par Alphonse Jacquel

Entre un libre-penseur et un homme libre, je vois un fossé profond.

Le libre-penseur peut fort bien être marxiste, ou officier d’une armée bourgeoise ou tout simplement adhérent d’un système d’émancipation sociale. En se laissant volontairement accrocher à quelque chose, il ne se doute pas qu’il s’emprisonne. Lire la suite…

LES LIBERTÉS

Par Louis Leprince-Ringuet.

Pour vivre librement, il ne suffit pas de disposer de la possibilité d’être libre.

Tout un apprentissage est nécessaire, qui ne s’arrête pas au sortir de l’école. On le voit bien : que de gens, parmi nous, sont en réalité des esclaves ! Esclaves de leurs désirs, de leurs petites habitudes, voire de leurs manies, esclaves de leur égocentrisme, de leurs pulsions, de leurs routines, de leur arrivisme; enfin, pour beaucoup, esclaves de l’argent. Que de vedettes, d’hommes politiques sont attachés au désir de paraître : sans leur dose de flashes quotidiens, ils sont tristes, affectés et leur comportement s’en ressent. Combien d’entre nous cherchent à gagner toujours plus d’argent ! Lire la suite…

DU BON USAGE DES CRISES

par Christiane Singer

Extrait d’une conférence prononcée le 15 juin 1991 à Mirmande à l’occasion du dixième anniversaire du Centre Dürckheim (Drôme).

J’ai gagné la certitude que les catastrophes sont là pour nous éviter le pire.

Et le pire, comment pourrais-je exprimer ce qu’est le pire ? Le pire, c’est bel et bien d’avoir traversé la vie sans naufrages, d’être resté à la surface des choses, d’avoir dansé au bas des ombres, d’avoir pataugé dans ce marécage des on-dit, des apparences, de n’avoir jamais été précipité dans une autre dimension. Les crises, dans la société où nous vivons, elles sont vraiment ce qu’on a encore trouvé de mieux, à défaut de maître, quand on n’en a pas à portée de main, pour entrer dans l’autre dimension. Lire la suite…

TE RÉFÈRES-TU OU NON À L’INFINI ?

Par C.G. Jung

Pour l’homme la question décisive est celle-ci : te réfères-tu ou non à l’infini ? Tel est le critère de sa vie. C’est uniquement si je sais que l’illimité est l’essentiel que je n’attache pas mon intérêt à des futilités et à des choses qui n’ont pas une importance décisive. Si je l’ignore, j’insiste pour que le monde me reconnaisse une certaine valeur pour telle ou telle qualité, que je conçois comme propriété personnelle : « mes dons » ou « ma beauté » peut-être. Lire la suite…

LA VIE INTÉRIEURE

Par Bertrand Vergely et Marie De Hennezel.

Nous le savons, les personnes qui ont une vie intérieure en élaborant ce qu’elles vivent par le fait de s’interroger, de se questionner, de sentir, de traduire ce que l’on sent, d’écouter ce qui vient de l’intérieur, de dialoguer avec ce qui parle en nous, les personnes qui ont une curiosité intellectuelle, qui s’intéressent au monde, aux autres, vieillissent mieux que les autres.

Nous avons tous une petite voix intérieure qui nous guide, qui nous explique ceci ou cela, qui nous avertit, qui se réjouit quand nous nous réjouissons, qui s’attriste quand nous nous attristons, qui s’attriste aussi quand nous nous réjouissons de certaines choses, et parfois à l’inverse qui se réjouit quand nous nous attristons de certaines choses. Lire la suite…

LORSQUE LE SILENCE S’ÉTABLIT

Par François Roustang.

Laisser exister l’autre, c’est lui permettre d’être lui-même. S’il veut s’enfermer dans un rôle ou dans les limites que sa fonction sociale lui assigne, peu importe. Puisque c’est aujourd’hui ou maintenant son souhait, je n’ai pas à forcer sa porte, à le contraindre à manifester le fond de sa personne. S’il veut se contenter à l’heure présente de parler de la pluie et du beau temps, de n’aborder que des questions qui ne le concernent pas directement, de bavarder de tout et de rien, j’ai à le laisser être ce qu’il désire. À travers ces paroles banales ou surfaites, il en dit déjà bien assez sur lui-même, car il y a l’intonation de la voix, il y a les gestes, il y a les accents ; et peu à peu se lève une série d’harmonies qui le dévoile bien au-delà de ce qu’il formule en clair. Quelqu’un apparaît dans sa complexité vivante que je m’efforce seulement de laisser être ce qu’elle est, de laisser se répandre et me remplir sans savoir où nous allons, sans comprendre, sans interpréter, sans réfléchir surtout, car cela mettrait fin à cette relation de pure existence qui est comme l’humus de toute rencontre possible. Lire la suite…

COMMENT PARER AU DÉSASTRE ÉCOLOGIQUE AVEC RÉALISME

Par Corinne Viggiano.

Avec juste raison l’homme s’inquiète du devenir de la planète. Nos industries, notre technologie, notre manière de vivre mettent en danger notre environnement. Alliée à la recrudescence des catastrophes naturelles, la menace d’un changement climatique nous fait vivre dans une atmosphère quasi apocalyptique, largement exploitée par les médias.

Pour résoudre ce problème objectivement en évitant toute manifestation subjective de colère et d’angoisse, source d’impuissance et de culpabilisation, il est impératif d’enclencher une réflexion logique dépassionnée. Ce n’est pas de culpabilité dont nous avons besoin mais de responsabilité. Tant au niveau individuel que collectif, nous sommes tous responsables du devenir de la planète, mais pour être responsable, encore faut-il être conscient. Lire la suite…

À LA LUMIÈRE DE LA MORT

par Reza Moghaddassi.

Nous pensons parfois que plus l’homme avance dans la compréhension de la vérité, plus il manipule des pensées complexes et difficiles à saisir pour le commun des mortels. Or les vérités les plus profondes sont peut-être les plus simples à comprendre — mais les plus difficiles à mettre en pratique. Il y en a même une qui est une évidence et qui peut être comprise sans avoir lu des livres ni fait de longues éludes : nous allons tous un jour mourir. Je ne serai pas toujours de ce monde et les autres qui m’entourent, connus ou inconnus, vont eux aussi, tôt ou tard, disparaître — la mort n’étant pas plus proche du vieillard que du nouveau-né. Lire la suite…

LA JUSTICE

Par Soljenitsyne

Extrait du livre « Soljenitsyne, sa vie » écrit par David Burg et Georges Feifer

La justice constitue, à travers les âges, un attribut permanent de l’humanité, et même lorsqu’en certaines périodes de « rapetissement » elle disparaît du champ de la perception de la majorité des êtres humains, elle ne meurt jamais.

Selon toute apparence, ce sens de la justice est inné en l’homme puisque l’on ne peut nulle part ailleurs en découvrir la source. Pour que le sens de la justice soit, il suffit qu’il y ait des hommes vivants, même s’il en est très peu qui l’éprouvent… Dans les périodes de dépravation générale où se posent des questions telles que « au nom de quoi ferait-on un effort ? au nom de quoi consentirait-on un sacrifice ? » il est une réponse que l’on peut faire avec certitude : au nom de la justice. Lire la suite…

SI NOUS PRODUISONS ÉNORMÉMENT DE CONNAISSANCE, NOUS PRODUISONS TRÈS PEU DE SAGESSE

Par Idriss Aberkane.

Extrait

Si nous produisons énormément de connaissance, nous produisons très peu de sagesse. Pire : nous idéalisons l’avancée technologique et ridiculisons la spiritualité et la sagesse, et nos avancées technologiques n’ont pas été rattrapées par celles de notre conscience. Nous sommes philosophiquement immatures, ce qui fait de notre civilisation un danger pour elle-même.

(…) Nous ne sommes quasiment plus responsables de notre pensée, et nous passons notre temps à vivre dans la pensée des autres, si bien que nos décisions sont rarement les nôtres. Notre désir de nous conformer au système est bien plus puissant que notre libre arbitre ; et même lorsque nous réussissons à faire taire notre chien de garde intérieur, c’est une masse bien plus hargneuse de conformistes qui se lève contre nous, fière d’appartenir au camp des bons élèves, et blâmant les mauvais, en espérant son morceau de sucre. L’humanité, au fond, n’a que peu changé depuis l’époque du pilori. Lire la suite…

SOLITUDE

Par Claudine Briatore, psychologue clinicienne.

La solitude a mauvaise presse. Tout comme l’ennui. Ces états sont souvent synonymes d’échec de quelque chose… Nous nous sentons seuls parfois, lorsque nous ne nous sentons pas soutenus alors que nous en aurions eu besoin, lorsque, au milieu d’un groupe humain, nous comprenons combien ces liens sont fragiles, imparfaits ou insatisfaisants. Il est alors opportun de recalibrer nos relations, de revoir à la baisse nos attentes idéalistes ou excessives, de reconsidérer la question de la mouvance de nos relations humaines : à quoi pouvons-nous raisonnablement nous attacher quand il est question de relations ? Lire la suite…

POURQUOI LES HOMMES USENT-ILS DE STUPÉFIANTS ?

Par Léon TOLSTOÏ.

(Extrait)

Continuellement et partout on rencontre des gens qui pourtant aiment leurs enfants et sont prêts à faire pour eux de multiples sacrifices, mais qui néanmoins dépensent en eau-de-vie, vin, bière, haschisch ou opium, et surtout en tabac, l’argent qui pourrait nourrir ces enfants et même les sauver de la misère.

Evidemment, si un homme ayant à choisir entre les besoins et les souffrances d’une famille qu’il aime et l’abstinence des stupéfiants, préfère la première alternative, c’est qu’il y est poussé par quelque mobile plus puissant que la considération que « tout le monde fait » ou que « c’est agréable ». Certainement il n’agit pas ainsi « pour tuer le temps » ni davantage « pour s’égayer » : il subit un entraînement plus puissant. Lire la suite…

LES COMMANDEMENTS DE NOTRE ÂME

Par Dr Edward Bach.

Tant que notre Âme et notre personnalité sont en harmonie, tout est joie et paix, bonheur et santé. Le conflit surgit quand notre personnalité s’écarte de la voie tracée par l’Âme, soit par l’entraînement de nos propres passions, soit par la persuasion des autres. Ce conflit est la cause profonde de la maladie et de l’insatisfaction. Peu importe notre tâche en ce monde – cireur de chaussures ou monarque, propriétaire ou paysan, riche ou pauvre – tant que nous accomplissons cette tache particulière selon les directives de l’Âme, tout va bien, et nous pouvons en outre être assurés que quelque position que nous occupions dans la vie, princière ou inférieure, elle contient les leçons et expériences nécessaires à ce moment de notre évolution et nous donne la meilleure chance pour notre développement. Lire la suite…

LES INFOS RUINENT LA SANTÉ

par Jean-Marc Dupuis.

Une autre idée intéressante développée par Roph Dobelli (1) est que les infos nuisent à la santé.

Elles rendent craintif et agressif, diminuent votre créativité et votre capacité de réfléchir. Arrêter totalement de lire le journal vous rendra plus heureux. C’est prouvé.

Les infos sont au cerveau ce que le sucre est au corps. Faciles à avaler, elles nous donnent de petites bouffées de plaisir, ne demandent aucun effort, mais finissent par nous pourrir. Loin de nous informer, les « infos » nous remplissent le crâne de faits qui n’ont aucune utilité pratique ni théorique dans nos vies, sur lesquels nous n’avons aucune prise, et qui bien souvent ne nous concernent aucunement. Lire la suite…

LA SOLITUDE

Par C.G. Jung.

Enfant, je me sentais solitaire, et je le suis encore aujourd’hui, car je sais et dois mentionner des choses que les autres, à ce qu’il semble, ne connaissent pas ou ne veulent pas connaître. La solitude ne naît point de ce que l’on n’est pas entouré d’êtres, mais bien plus de ce que l’on ne peut leur communiquer les choses qui vous paraissent importantes, ou de ce que l’on trouve valables des pensées qui semblent improbables aux autres. Ma solitude commença avec l’expérience vécue de mes rêves précoces et atteignit son apogée à l’époque où je me confrontais avec l’inconscient. Quand un homme en sait plus long que les autres, il devient solitaire. Mais la solitude n’est pas nécessairement en opposition à la communauté, car nul ne ressent plus profondément la communauté que le solitaire ; et la communauté ne fleurit que là où chacun se rappelle sa nature et ne s’identifie pas aux autres. Lire la suite…

LA MAISON ET LE MONDE

Par Hélène Lubienska de Lenval.

Dehors il y a le monde. Dehors il a le bruit. Il y a la hâte, la convoitise, la vanité. Mais la maison ce n’est pas dehors : c’est dedans. Ce n’est pas le monde, c’est nous. Il ne tient qu’à nous de remplir la maison de silence.

Le silence repose, apaise, guérit, console. Il répare les forces, protège la vie, favorise la pensée. Le silence rend meilleur. Lui seul met d’accord l’esprit et la matière. Lire la suite…

QU’AS-TU QUE TU N’AIES PAS REÇU EN DON ?

par Christiane Singer.

L’homo technicus-economicus croit aussi, à sa manière, se suffire à lui-même. Arrogant, demiurge, autosatisfait, il se frotte les mains, dispose de tout ce qu’offre la planète, s’arroge tous les droits, ignore ses devoirs, coupe les liens qui le relient aux autres humains, à la nature, à l’histoire et au cosmos. Il pousse si loin l’émancipation qu’il court le risque de déchirer tous les fils et de décrocher, de se décrocher, de s’auto expulser de la création. Son idéologie est si simpliste que n’importe quel fondamentalisme religieux apparaît en comparaison subtil et pluriel. Un seul précepte, une seule loi, un seul paramètre, un seul étalon : le rendement ! Lire la suite…