POURQUOI FAUT-IL ÉCOUTER PLUS LOIN QUE NOS OPINIONS

Par Gilles Farcet.

Mon opinion ou ton opinion ?

L’écologie intérieure doit, elle aussi, se préoccuper des facteurs de pollution, les identifier et tenter d’en réduire les émissions. Parmi les polluants divers qui agissent sur notre climat interne, il y a… nos opinions, ou plutôt la relation passionnelle que nous entretenons la plupart du temps avec elles. Lire la suite…

SI TU VEUX CHANGER LE MONDE…

Par Carl Gustave Jung.

Une minorité d’humains, encore trop faible, se demande si en définitive, la meilleure façon de servir la société et les hommes ne serait pas de commencer chacun par soi-même, d’essayer d’abord et uniquement sur sa propre personne, dans sa propre économie interne, les réformes prêchées à tous les carrefours.

Un certain bouleversement de l’ordre établi, un branle-bas intime, la dissolution de ce qui existe et le renouvellement intérieur sont une nécessité pour chaque individu ; mais il ne s’agit pas de les imposer aux autres sous le couvert hypocrite de l’amour chrétien du prochain, du sentiment de la responsabilité, ou de je ne sais quel autre prétexte, masquant des besoins inconscients de domination.

Comment guérir de cet aveuglement collectif qui sévit à l’heure actuelle ?

On ne peut envisager sa guérison que si chacun fait un retour sur lui-même (Selbstbesinnung), retour qui le ramènera au fond humain primordial, à l’essentiel de sa propre nature, et qui lui permettra de dégager de ses gangues sa vraie vocation individuelle et sociale.

Source : Psychologie de l’inconscient – Carl Gustave Jung

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S’ÉVEILLER SIGNIFIE RÉALISER SA PROPRE NULLITÉ

Par Gurdjieff

Mourir signifie que l’homme doit se libérer d’une multitude de petits attachements et d’identifications qui le maintiennent dans la situation où il se trouve actuellement.

L’attachement aux choses, l’identification aux choses, maintiennent vivants dans l’homme un millier de « moi » inutiles. Ces « moi » doivent mourir pour que le grand Moi puisse naître. Mais comment peuvent-ils être amenés à mourir ? ils ne le veulent pas.

C’est ici que la possibilité de s’éveiller vient à notre aide. S’éveiller signifie réaliser sa propre nullité, c’est-à-dire réaliser sa propre mécanicité, complète et absolue, et sa propre impuissance, non moins complète, non moins absolue. Lire la suite…

L’ÉCOUTE ET LA PAROLE… AU XIIÈME SIÈCLE

par Chrétien de Troyes

Allons écoutez !

Prêtez moi les cœurs et les oreilles, car une parole entendue est perdue si elle n’est pas comprise avec le cœur.

Il y a des gens qui ne comprennent pas ce qu’ils entendent et qui néanmoins l’approuvent. Ces gens-là n’ont que la perception du son, du moment que le cœur n’y comprend rien du tout.

La parole vient aux oreilles, de la même façon que le vent qui vole, mais loin de s’y arrêter et d’y demeurer, elle s’en éloigne en très peu de temps, si le cœur n’est pas assez éveillé pour être préparé à la saisir ; car c’est lui seul qui peut la saisir à son passage, l’enfermer et la retenir. Les oreilles ne sont que le passage et le conduit par où la voix s’en vient au cœur et le cœur saisit à l’intérieur du corps la voix qui y entre par l’oreille.

Ainsi, quiconque voudra me comprendre, doit me confier son cœur et ses oreilles, car je ne veux pas parler de rêve, ni de fable ni de mensonge, dont quantité d’autres vous ont régalés ; non, ce que je vous raconterai, je l’ai vu.

Source:  Extrait de « Yvain le chevalier au lion » écrit vers 1175 

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À L’ÉCOUTE DE LA VIE

par le Dr Alfred TOMATIS (1)

«Ton fils n’est pas ton fils. C’est le fils de son temps.» Proverbe chinois

Chaque Être est imbibé dans une structure sonore qui le « sculpte ». Le son, c’est à dire le silence, ses diverses modulations et les bruits qui en rompent la trame, ne s’adressent pas seulement à l’oreille ; ils affectent le corps tout entier.

Profondément enfoui dans un cosmos qui l’enserre et l’emporte en sa course sidérale, l’homme est assurément la structure la plus complexe jusqu’alors élaborée. Or il est prouvé que l’univers en sa totalité n’est que la réponse phénoménologique d’une intentionnalité créatrice pour laquelle tout fut programmé et exprimé sous forme d’énergies émanant d’une source unique. La multiplicité de ces énergies et leurs interférences provoquèrent par leur inter-réaction les diverses cristallisations qui permirent au monde d’exister. En fait, tout est énergie. Et énergie en devenir. Dans sa constitution, l’homme est le modèle surgissant de la convergence des multiples champs énergétiques qui firent de lui le cristal organique le plus sophistiqué qui soit, tenu en suspension dans ce bain cosmique en permanente évolution. En ce sens l’homme apparaît comme un résonateur parfait convié à s’accorder aux harmonies dont les lois gouvernent le monde. Lire la suite…

PROPOS DE PLATON

Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie.

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LA VRAIE NATURE DU SOI

– Apporte-moi une figue de ce banian.

– Voilà, père.

– Coupe-la.

– Je l’ai coupée.

– Qu’est-ce que tu vois ?

– Des graines minuscules.

– Coupes-en une.

– Je l’ai coupée.

– Qu’est-ce que tu vois ?

– Rien.

– Mon garçon ! Si cet arbre géant existe, c’est à cause de ce rien que tu ne perçois pas. Mon garçon, il faut croire !

Ce rien est le Soi de tout ce qui existe.

C’est cela la vérité. C’est cela le Soi. Et toi, mon fils, tu es cela !

Source : Selon les UPANISHAD

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10. LA JUSTICE

Dans la vie, tout se meut, se transforme et évolue en permanence, animé par la Force suprême de l’Amour qui garantit l’Unité et l’équilibre du Tout. À chaque instant, dans l’univers entier, la loi de l’Équilibre s’accomplit et devient sur terre fondement d’équilibre et de Justice.

Ainsi, tout ce que la Vie fait advenir doit être accepté comme étant juste, même si les raisons nous échappent. Le contexte social dans lequel nous sommes nés, les forces et les faiblesses dont nous sommes dotés et tout ce qui arrive dans notre existence – plaisant ou déplaisant –, sont la manifestation de l’Équilibre universel, l’expression d’une nécessité.

Rien n’est le fruit du hasard. Les évènements qui s’inscrivent sur notre chemin existentiel et dont nous ignorons les raisons d’être ont toujours une cause, même si elle remonte loin dans le temps ou reste inexpliquée à jamais. Comme tout ce qui advient, le « hasard » est la manifestation de la loi de l’Équilibre universel.

LA PLEINE ACCEPTATION DE CE QUE NOUS APPORTE LA VIE
NOUS FAIT ÊTRE UN AVEC LE TOUT.

Toute attitude de refus ou de révolte face à ce que la Vie nous impose nous coupe de l’évolution harmonieuse du Tout. Mais accepter n’est pas se résigner ; l’acceptation nous permet d’avoir des prises de conscience et nous amène souvent à revoir nos façons de penser et d’agir.

L’Homme moderne, trop souvent égocentrique et préoccupé par son Moi, ignore les besoins profonds de son âme et fuit toute forme d’épreuve et d’adversité ; il considère comme étant juste uniquement ce qui lui est agréable et convient à ses intérêts égoïstes.

TOUT CE QUI NOUS ARRIVE NOUS EST NÉCESSAIRE ET EST UN MOYEN POUR ÉVOLUER,
POUR GRANDIR EN SAGESSE ET EN HUMANITÉ.

À la différence des règnes minéral, végétal et animal qui sont régis par les lois naturelles et l’instinct, l’Homme, porteur de la dimension sacrée, unitaire et impersonnelle de la conscience, est doté de raison et de libre arbitre. Il est libre dans sa pensée et dans ses intentions, donc pleinement responsable de ses actes et de leurs conséquences.

Tout ce que l’Homme pense et fait doit être en harmonie avec l’Unité du Tout. Sinon, tôt ou tard, la loi de l’Équilibre universel lui fera subir le choc en retour de ses actes inconscients, injustes ou malveillants.

LE MONDE EST CE QUE L’HOMME EN FAIT.

L’âme humaine, par nature, aspire à la vérité et à la justice. Toute société a besoin d’un système judiciaire dont les lois sont justes et légitimes, c’est-à-dire en accord avec l’Ordre universel. Trop souvent on estime que ce qui est légal est forcément légitime…

La justice humaine a la fonction, d’une part, de garantir la liberté individuelle – afin que chacun puisse accomplir son destin dans la dignité, au service du bien commun – et, d’autre part, de préserver la sécurité individuelle et la paix sociale en punissant les crimes et les délits, et en responsabilisant les délinquants.

PAS DE PAIX SANS JUSTICE ET PAS DE JUSTICE SANS RESPONSABILITÉ.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 4 juin 2016.

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