18. LA VÉRITABLE DÉMOCRATIE

La démocratie que le Monde attend est la démocratie directe ; seule organisation sociale qui permet de réinstaurer le lien entre le pouvoir temporel des Hommes et l’Autorité spirituelle de la Vie.

Dans la véritable démocratie, où le pouvoir appartient au peuple, tout est mis en œuvre pour que l’individu s’accomplisse sur terre en remplissant sa mission existentielle, universelle : faire régner l’Unité et l’Amour en soi et dans le monde.

L’individu est la base de la société. Lui seul est porteur du plan unitaire, sacré, de la Conscience, lequel permet de réunir les Hommes au-delà de leurs différences, dans le total respect de leur liberté et de leur unicité.

L’UNIQUE SENS D’ÊTRE D’UN SYSTÈME SOCIAL
EST DE SERVIR L’HOMME DANS SON ÉVOLUTION.

Pour remplir sa mission universelle avec les autres dans le contexte collectif, l’Homme a besoin d’une gestion politique qui garantisse la liberté individuelle et collective.

Cette gestion, pour être légitime, doit être en accord avec l’Autorité de la Vie, donc libre de toute ingérence idéologique et religieuse, communautariste ou personnelle qui empêcherait l’individu de penser et d’agir en accord avec sa conscience.

Dans la véritable démocratie, sans partis politiques ni religions, chacun a la responsabilité de répondre aux nécessités et aux besoins communs en s’exprimant librement, non pas selon ses désirs et ses intérêts personnels, mais selon le besoin profond de son âme, éclairé du dedans par l’Autorité de la Vie. Tant pour l’individu que pour la collectivité, l’Éveil à l’Intelligence du cœur dès l’enfance devient donc une nécessité.

NOTRE CONDITION HUMAINE NOUS PRÉDESTINE À PORTER LE POIDS DU MONDE,
ENSEMBLE COMME UN SEUL HOMME.

Dans la démocratie que le Monde attend, chacun pourra s’épanouir et vivre dans la plénitude, être reconnu et apprécié par ses semblables, s’il vit selon ses moyens, sans surestimer ni sous-estimer ses réels aptitudes et besoins. Chacun pourra remplir sa fonction en donnant le meilleur de lui-même, au service des autres et du bien commun, dans le désintéressement et la responsabilité partagée.

Aux yeux de la Vie nous sommes tous égaux. Aucune mission existentielle n’est supérieure ou inférieure à une autre car elles sont toutes nécessaires à l’évolution harmonieuse de l’ensemble. Chacun, selon sa force et sa qualité d’âme, ses capacités et ses dons, a son rôle à jouer.

Dans la véritable démocratie, l’évolution individuelle nourrit l’évolution du contexte collectif.

LA SEULE ORGANISATION SOCIALE QUI RÉPOND AUX BESOINS
DE LIBERTÉ, DE JUSTICE ET DE PAIX
EST LA DÉMOCRATIE DIRECTE.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 17 juin 2017.

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LE SENS DES MOTS

Par H Lubienska de Lenval.

Trop souvent, on se fait de la liberté une idée fausse, et on inculque celle-ci aux enfants : la liberté serait l’absence de contrainte : une activité déréglée, sans frein et sans but.

Pour des enfants cloués sur des bancs, obligés de subir passivement un flot de paroles, liberté signifie le droit de courir en criant. Idée toute négative, réaction violente contre une atteinte chronique à la liberté. Car la liberté essentielle, indispensable à l’homme, est celle de bouger, d’agir et de penser à son rythme individuel. La discipline n’est pas opposée à la liberté, elle en est solidaire.

C’est dans la mesure où il est discipliné que l’homme est libre. Considérez le danseur, comme il bondit dans l’espace ; le pianiste, comme ses doigts courent sur le clavier ; le nageur, comme il défie les profondeurs de la mer. Pour devenir libre, l’homme doit se discipliner. Mon âme est toujours entre mes mains, disait le Psalmiste.

En langage pédagogique, nous traduisons : mon activité est toujours dirigée par ma volonté consciente. Respecter la liberté de l’enfant, c’est l’aider à se discipliner ; c’est se faire l’allié de son énergie centripète contre ses énergies centrifuges ; c’est le guider vers l’accomplissement de sa destinée d’homme conscient et responsable.

Source : Extrait de L’ÉDUCATION DE L’HOMME Edition – S.P.E.S (Paris)

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15. LA BEAUTÉ

La beauté est une des valeurs suprêmes qui, à travers les temps, a accompagné et guidé l’humanité dans son évolution.

La beauté se trouve dans tout ce que la Vie engendre ; elle est la présence sensible de l’Esprit de Vie dans la diversité du monde. À travers le beau, le Mystère initial nous appelle et nous fascine comme la lumière captive le papillon. Dans ses diverses expressions – physique, intellectuelle, artistique et morale –, la beauté élève notre âme vers la source mystérieuse dont tout est issu.

LE BEAU ILLUMINE, VIVIFIE ET MAGNIFIE LE MONDE DES HOMMES.

L’Amour suprême, qui anime le Tout en une unité harmonieuse, fait naitre en nous l’aspiration à la beauté ; on trouve beau ce que l’on aime et on aime ce que l’on trouve beau.

L’émotion esthétique – bien au-delà du plaisir des sens – nous remplit dès que l’on quitte l’approche utilitaire de l’existence et le monde des pensées, et que l’on plonge dans la contemplation, état de totale ouverture et réceptivité de l’être. La contemplation nous éveille à une approche désintéressée et non possessive du monde ; à notre insu, elle nous met en harmonie avec l’Unité de la manifestation cosmique dont chacun de nous est une partie intégrante.

L’appréciation du beau est un jugement de valeur purement personnel et intime ; il dépend de la personnalité de chacun, et évolue avec l’âge et l’expérience.

TOUT COMME LA VÉRITÉ, LA BEAUTÉ S’APPROCHE DANS LA LIBERTÉ.

Tout grand Art, véhicule par excellence de la beauté, est indissociable de la dimension spirituelle de l’existence. Il transcende les cultures et résiste à l’usure du temps car il n’est pas un produit de la recherche et de l’imagination, mais le fruit de l’inspiration créatrice qui est pure découverte.

L’inspiration ne naît pas de la spéculation mentale, elle est un don de la Vie et trouve sa source dans le lien avec le Soi et les Forces métaphysiques créatrices. Tout créateur authentique est un intermédiaire qui, sous la dictée de l’inspiration, rend sensible l’invisible, insuffle de la Lumière dans la matière.

Le beau a la capacité d’émouvoir et d’émerveiller, d’unir et d’élever au-dessus de tout ce qui divise l’humanité. Beauté et créativité sont indispensables à l’Éveil intérieur, à l’individuation des consciences et à l’unification du monde. En tant que co-créateur de la Vie, l’Homme a la fonction d’engendrer la beauté afin que l’Amour et l’Unité règnent dans tous les aspects de l’existence.

VIVRE AVEC AMOUR, AVEC OUVERTURE DE CŒUR, NOUS FAIT DÉCOUVRIR QUE,
DANS L’EXISTENCE, TOUT SE RÉSUME À LA BEAUTÉ… OU À LA LAIDEUR.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 7 janvier 2017.

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S’ÉVEILLER SIGNIFIE RÉALISER SA PROPRE NULLITÉ

Par Gurdjieff

Mourir signifie que l’homme doit se libérer d’une multitude de petits attachements et d’identifications qui le maintiennent dans la situation où il se trouve actuellement.

L’attachement aux choses, l’identification aux choses, maintiennent vivants dans l’homme un millier de « moi » inutiles. Ces « moi » doivent mourir pour que le grand Moi puisse naître. Mais comment peuvent-ils être amenés à mourir ? ils ne le veulent pas.

C’est ici que la possibilité de s’éveiller vient à notre aide. S’éveiller signifie réaliser sa propre nullité, c’est-à-dire réaliser sa propre mécanicité, complète et absolue, et sa propre impuissance, non moins complète, non moins absolue. Lire la suite…

12. LA SOLIDARITÉ

La solidarité est une manifestation de la Force métaphysique suprême de l’Amour qui anime l’ensemble de la réalité cosmique et fait que tout est Un, complémentaire et interdépendant.

Sur terre, la solidarité se manifeste par l’interdépendance et la complémentarité entre les Hommes, lesquels sont liés par leur fonction universelle commune : garantir la pérennité et l’évolution harmonieuse du genre humain, de génération en génération. Elle se manifeste lorsque chacun donne le meilleur de lui-même selon ses aptitudes et sa force d’âme, et assume sa part de responsabilité dans l’œuvre commune. La solidarité – expression de l’amour désintéressé – permet à l’humanité de réaliser son unité dans la paix sociale.

LA SOLIDARITÉ ENTRE LES HOMMES EST UNE NÉCESSITÉ VITALE,
AUTANT SPIRITUELLE QUE MATÉRIELLE.

La solidarité ne doit pas être imposée par une quelconque théorie ou idéologie. Le besoin de solidarité est inscrit dans la condition humaine et se découvre naturellement quand la liberté de conscience et le besoin d’autonomie de chacun sont respectés. La complémentarité entre les individus et entre les collectivités ne se réalise que dans le respect mutuel de leur liberté.

Seule la libre évolution nous permet de découvrir nos réels besoins, de développer les capacités dont la Vie nous a dotés, d’acquérir notre autonomie et d’aller au bout de nos possibilités propres. C’est face à nos limites et à notre impuissance que l’on prend pleinement conscience que seul on n’est rien, que la présence et l’aide des autres nous sont indispensables.

ÊTRE LIBRE ET LAISSER LIBRE EST L’EXIGENCE PREMIÈRE
POUR INSTAURER DES RELATIONS JUSTES ET HARMONIEUSES.

Tout ce que la Vie nous apporte est don, rien ne nous appartient en propre. Les ressources naturelles, le savoir, les savoir-faire et les avantages que procure le progrès doivent être partagés afin de profiter à tous. L’emploi égoïste du pouvoir engendre les luttes de classe, de race et de sexe, oppose le peuple à ses gouvernants, et transforme le « vivre-ensemble » en rapports de force permanents qui empêchent l’unité et la paix sociale de se réaliser.

Un monde solidaire est un monde où règne l’Amour, où l’on respecte tout ce que la Vie engendre à travers la nature, où l’on apprécie la beauté et la richesse de la diversité. Toute forme d’égalitarisme et de massification des consciences tue la complémentarité naturelle et enlève à l’existence son intérêt et son sens.

Un monde solidaire est un monde où tout élitisme et toute prétention de supériorité et de domination des uns sur les autres sont refusés, où personne n’est dénigré ou rejeté, où chacun, avec ses particularités et ses différences, est reconnu comme un représentant à part entière de l’humanité.

Chacun a sa raison d’être, sa juste place et sa fonction à remplir dans l’évolution de l’ensemble. Les manuels, les intellectuels et les artistes, les riches et les pauvres, les savants et les ignorants, doivent se respecter, s’aider et s’apprécier mutuellement.

L’existence prend tout son sens quand individus et contextes collectifs se nourrissent et s’enrichissent mutuellement, quand l’humanité, éveillée à sa fonction universelle de co-créateur de la Vie, réalise la solidarité universelle-naturelle.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 13 août 2016.

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ÉCHAPPER À LA TYRANNIE DE L’ÉGO

Lâcher prise, c’est accepter ses limites

par Gilles Farcet

A force de vouloir contrôler tout ce qui nous entoure, nous gaspillons notre énergie et perdons notre sérénité. D’où le fameux « lâcher-prise » ! Une attitude intérieure d’ouverture à la vie et aux autres dont l’écrivain Gilles Farcet nous livre quelques clés.

Il faut, paraît-il « lâcher prise ». C’est en tout cas ce que tout un chacun peut lire ou entendre répéter dès qu’il est question d’une approche spirituelle de l’existence. Si cette expression a fait florès au point de devenir un cliché du développement personnel, ce qu’elle recouvre n’en reste pas moins confus. Elle est prétexte à bien des malentendus. Qu’avons-nous, au juste, à « lâcher » ?

Quelle est donc cette « prise » qu’il conviendrait de desserrer ? Cette attitude est-elle compatible avec un positionnement responsable ? Si oui, comment passer du concept à la pratique ? Les enseignements de sagesse traditionnels s’articulent tous autour de cette question. Nous pouvons donc nous tourner vers eux et y chercher clés réponses, qu’il nous appartient ensuite de faire nôtres.

Avant de prétendre « lâcher », encore faut-il savoir ce que nous « tenons ». Lire la suite…

L’INDIVIDU

par Marcel Renoulet

L’individu est la seule réalité qui soit digne d’intérêt, en faveur de laquelle tout absolument tout, doit être subordonné.

Le premier élément du problème social, est l’individu considéré comme une entité ayant son existence et ses besoins propres.

Nous employons le mot individualisme, que peu de gens comprennent, et que la plupart dénaturent , plus ou moins loyalement. Il correspond à un point de vue à un idéal de rénovation sociale.

Le but de nos efforts, si divergents et même parfois si incohérents, n’est-il pas … le bonheur véritable de l’individu ?
Tout le reste n’est trop souvent, que chimère et illusion – quand ce n’est pas mensonge et duperie !

L’individu est la base de la Société. Celle-ci ne pourrait exister sans lui. Les hommes isolés se sont associés pour former des groupes sociaux. Ils l’ont fait pour être plus forts, pour vivre mieux. Dès l’instant où la société, au lieu de les aider, les exploite ou les opprime, elle trahit sa mission et il est alors normal que l’individu la combatte. Lire la suite…

DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE (EXTRAIT)

par Etienne de la Boétie, Ecrivain français (1530-1563)

Rédigé par l’auteur à l’âge de 18 ans ! La puissance subversive de la thèse développée dans le Discours ne s’est jamais démentie. Cette thèse résonne encore aujourd’hui dans la réflexion libertaire sur le principe d’autorité. Le jeune humaniste sarladais recherchait une explication à l’étonnant et tragique succès que connaissaient les tyrannies de son époque. S’écartant de la voie traditionnelle, La Boétie porte son attention non sur les tyrans mais sur les sujets privés de leur liberté. Et il pose une question troublante : comment peut-il se faire que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? ». Si pour éviter la censure, les exemples sont tirés de l’Antiquité, la réflexion porte bien sur son époque, dans un pays où le poids du pouvoir monarchique se renforce.

« …Ils sont vraiment extraordinaires, les récits de la vaillance que la liberté met au coeur de ceux qui la défendent ! Mais ce qui arrive, partout et tous les jours : qu’un homme seul en opprime cent mille et les prive de leur liberté, qui pourrait le croire, s’il ne faisait que l’entendre et non le voir ? Et si cela n’arrivait que dans des pays étrangers, des terres lointaines et qu’on vînt nous le raconter, qui ne croirait ce récit purement inventé ? Lire la suite…

6. LA LIBERTÉ

Nous naissons tous libres, dotés de conscience de soi et de libre arbitre, afin de remplir notre mission existentielle dans la liberté et la dignité.

Chacun d’entre nous est unique, a sa personnalité, ses besoins et ses aspirations propres, et possède l’intelligence et les capacités nécessaires pour accomplir son destin en servant le contexte social dans lequel il évolue.

Nous aspirons tous à vivre libres mais, coupés du Soi qui nous enracine dans la Vie et nous fait participer à l’Unité du Tout, nous ignorons ce qu’est la Liberté. Seule la vie intérieure nous révèle pleinement que nous appartenons à la Vie, et que la Liberté est un droit naturel et sacré qui nous est donné uniquement pour écouter notre conscience et agir en conséquence.

LA LIBERTÉ EST LE DON SUPRÊME DE LA VIE
QUE L’ON SE DOIT DE RESPECTER ET DE DÉFENDRE.

On confond souvent la Liberté et les comportements immatures, irresponsables, sauvages, voire agressifs, par lesquels on assouvit les bas instincts et on satisfait les désirs et les intérêts égoïstes.

Par arrivisme et soif de pouvoir, ou par faiblesse, pour acquérir une illusoire sécurité, l’Homme sacrifie sa liberté et perd sa dignité. Victime du « qu’en dira-t-on », dominé par l’esprit de masse, il perd son individualité.

NOUS NAISSONS LIBRES ET AVONS LE DEVOIR DE LE RESTER
TOUT AU LONG DE L’EXISTENCE.

L’absence de liberté emprisonne l’âme, engendre l’insatisfaction profonde, les angoisses existentielles et la dépression. La Liberté donne à chacun le droit de s’épanouir pleinement et d’évoluer en vivant les expériences dont il a besoin pour satisfaire ses désirs et aspirations légitimes.

Être libre commence par l’acceptation de soi tel que l’on est, avec nos forces et nos faiblesses. Être libre exige que l’on soit pleinement soi-même et que l’on respecte notre propre liberté de conscience en refusant les conditionnements aliénants que notre environnement chercherait à nous imposer.

L’Homme libre pense par lui-même et décide en son âme et conscience ce qu’il doit faire ou ne pas faire. Autonome dans sa pensée, il est soumis à la voix de sa conscience et respecte l’Autorité de la Vie ; responsable de ses actes, il en assume les conséquences. L’Homme libre est entier ‒ intègre, conséquent et cohérent ‒ et vit en harmonie avec l’Unité du Tout.

Le changement de mentalité, indispensable pour la naissance d’un Monde Nouveau, exige que l’humanité dans son ensemble prenne pleinement conscience que la Liberté est le fondement naturel de l’équilibre individuel, et que seul l’équilibre individuel garantit une paix sociale durable.

POUR VIVRE EN HARMONIE AVEC L’ORDRE UNIVERSEL,
LA LIBERTÉ EST PLUS QUE NÉCESSAIRE… ELLE EST VITALE.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 23 janvier 2016.

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