ÉDUQUER SES ENFANTS COMMENCE PAR S’ÉDUQUER SOI-MÊME

Par Elsa Guérin.

Dans l’entreprise qui consiste à éduquer un enfant, rien de plus aisé que de se réfugier derrière la « personnalité » de l’enfant ou de se référer à l’environnement scolaire en particulier pour justifier et excuser ses écarts de conduite. Quel parent n’a pas dit : « il a du caractère ! » lorsque son enfant était en pleine crise et quel autre, face à un comportement inopportun de son enfant n’a pas pensé : « ah ça, c’est l’école » !

Bien difficile tâche pour un parent de se remettre en question et d’admettre sa responsabilité dans l’éducation de son enfant. Pourtant, de nombreuses études ont souligné le fait que l’exemple parental représentait une part déterminante dans l’éducation de l’enfant. Et si l’influence du milieu extérieur ne peut pas être niée, c’est avec les parents que l’enfant apprend à se conduire, d’abord par imitation puis par goût et par envie. Lire la suite…

17. ÉDUQUER AUTREMENT

L’Homme, doté de cœur et de raison, évolue en conscience et a une mission particulière à remplir sur terre. Porteur d’Unité et d’Amour dans le monde, il a besoin d’une éducation éclairée et équilibrée qui le prépare à la fois à la vie intérieure, individuelle, et à la vie extérieure, sociale ; une éducation qui, d’une part, l’éveille à son état d’Homme et, d’autre part, l’aide à intégrer le monde et à maîtriser les réalités existentielles.

UNE ÉDUCATION RÉALISTE MÈNE À LA PLEINE CONSCIENCE
DU SENS DE L’EXISTENCE DANS LE CONTEXTE UNITAIRE DE LA VIE
AINSI QU’À LA PLEINE PRÉSENCE DANS LE MONDE.

À sa naissance et pendant quelques années, l’enfant baigne dans un état de conscience unitaire, impersonnel et universel, dans la pureté et l’innocence. Vers 3-4 ans, il s’éveille peu à peu à sa personnalité, à son désir et à sa volonté propre. Il est fasciné par le monde qui l’entoure, aime découvrir, apprendre et comprendre, et cherche à exercer son pouvoir sur les êtres et les choses.

C’est le moment propice pour l’éveiller à l’Intelligence du cœur, à la voix de la Conscience – la voix de son cœur – qui lui dicte comment employer son pouvoir de façon juste et l’empêche de se laisser entrainer par la malignité sous toutes ses formes.

Éveillé à sa verticalité intérieure – son axe d’équilibre dans le monde où tout change en permanence –, il devient capable de distinguer « ce que veut sa tête », qui exprime son désir personnel égotique, de ce que lui dicte son cœur, qui exprime la volonté de la Vie.

Il sent que cette voix intérieure le rend maître de lui-même, et il est fier de pouvoir agir seul « comme un grand ». Il découvre l’autodiscipline qui l’aide à instaurer de justes relations avec lui-même, les autres et le monde.

L’ÉVEIL À L’INTELLIGENCE DU CŒUR FAIT NAÎTRE L’AUTONOMIE DE LA PENSÉE,
LA CONFIANCE EN SOI ET L’EMPATHIE.

Dès sa naissance, l’enfant doit être considéré comme un Homme à part entière et traité avec dignité. Éduquer n’est ni laisser faire, ni dresser ou formater.

L’autorité juste, ferme et bienveillante dont tout enfant a besoin pour se sécuriser et se structurer n’a rien à voir avec le laxisme irresponsable qui mène à l’enfant-Roi, ni avec l’autoritarisme répressif et injuste qui engendre la révolte ou, au contraire, la peur, l’inhibition et le repli sur soi.

ÉDUQUER DEMANDE UN JUSTE ÉQUILIBRE ENTRE AUTORITÉ ET LIBERTÉ.

Pour grandir et s’épanouir librement, l’enfant a besoin de références stables qu’il aime, qu’il respecte et en qui il a confiance. Il a besoin de l’amour vrai – non possessif –, de l’affection et de l’autorité de ses deux géniteurs, ses tuteurs naturels.

Il est essentiel que les parents prennent conscience de leur rôle primordial. Ils doivent savoir que leurs enfants ne leur appartiennent pas, mais sont les enfants de la Vie qu’ils ont la responsabilité d’éveiller et d’éduquer afin qu’ils deviennent autonomes, capables de penser par eux-mêmes, de décider et d’agir en leur âme et conscience.

Ils doivent se connaître suffisamment eux-mêmes et être cohérents en paroles et en actes car leurs valeurs et aspirations, leur façon d’être, d’agir et de réagir influencent fortement le comportement et l’évolution de leurs enfants.

ON ÉDUQUE AVANT TOUT PAR L’EXEMPLE.

Éduquer autrement nécessite d’avoir gardé son âme d’enfant pour pouvoir s’adapter aux besoins de ceux que l’on accompagne vers la maturité et l’autonomie.

Éduquer autrement c’est permettre à toutes les potentialités d’un individu de se développer librement pour qu’il puisse offrir aux autres et au monde le meilleur de lui-même, tout en sauvegardant tout au long de son existence la fraîcheur, la spontanéité et l’ouverture d’esprit de la petite enfance.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 8 avril 2017.

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QUELQUES MOTS D’ENFANTS RÉCOLTÉS SUITE À LA LECTURE DE « LA LEÇON DE PROFESSEUR HIBOU »

photo-enfants

E. Fille de 5 ans – J’aimerais dire à Professeur Hibou que j’ai bien compris la leçon de Professeur Hibou et que grâce à la leçon de Professeur Hibou je me sens mieux.

A. Fille de 4 ans – Des fois j’écoute pas mon cœur et des fois j’écoute mon cœur. Je me sens mieux quand je suis gentille.

P. Garçon de 3 ans – Professeur Hibou m’a fait du bien, j’ai senti mon cœur.

L. Garçon de 5 ans – J’aimerais aller voir le Professeur Hibou pour voir comment il est. Parce que je l’adore trop. Est-ce qu’on pourrait faire une sortie pour y aller ? Pour voir qu’il a une bibliothèque. Pour voir s’il me fait écouter mon cœur.

E. Fille de 5 ans – Ma sœur a cassé une assiette hier, j’ai aidé mon papa et ma maman à ramasser parce que mon cœur il m’a dit.

K. Garçon de 4 ans – Notre cœur il a bien raison !

A. Fille de 5 ans – Cette histoire elle est vraie aussi pour les parents et pour tout le monde.

Source : http://www.vivrelibre.net – Décembre 2016

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LES ENFANTS

par Khalil Gibran

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, Parlez-nous des Enfants.

Et il dit :

Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.

Ils viennent à travers vous mais non de vous.

Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,

Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.

Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.

L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ;

Car de même qu’il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

Source : LE PROPHÈTE de Khalil GIBRAN – Ed. Casterman

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GRANDIR AVEC « LA LEÇON DE PROFESSEUR HIBOU »

Un outil au service d’une éducation qui éveille à l’autonomie, à la responsabilité et à la dignité.

Le sort du monde dépend, en premier lieu, de l’éducation. Dans nos sociétés modernes, en perte de repères spirituels et moraux, s’interroger sur l’éducation des enfants est fondamental, car seule une approche éducative respectueuse de la liberté de conscience leur permet de s’épanouir et d’évoluer harmonieusement.

La leçon de Professeur Hibou est un outil précieux qui aide les enfants à grandir et à construire leur individualité de façon équilibrée. La spécificité de cette histoire, simple mais profonde, est dans le fait qu’elle éveille au Soi, à l’identité réelle, originelle, dans laquelle chaque être humain naît.

À partir de 3-4 ans, l’enfant prend progressivement conscience de son Moi ; à travers ses multiples expériences avec son environnement, il s’éveille à sa personnalité propre qui est son outil d’expression dans le monde. C’est le moment propice pour commencer à l’éveiller à son identité réelle ‒ le Soi ‒ fondement sacré de toutes les consciences personnelles qui nous enracine dans la Vie et nous fait participer à l’Unité du Tout.

Contrairement aux contes traditionnels dont la fonction était de transmettre des règles morales ‒ imposées par les traditions religieuses ‒ et de mener à la soumission à une autorité extérieure, La leçon de Professeur Hibou exhorte à découvrir l’Autorité intérieure, celle du plan unitaire et impersonnel de la conscience qui s’exprime en chacun de nous à travers la voix du cœur.

Dans cette histoire, le personnage de Professeur Hibou fait découvrir aux enfants la voix de leur conscience qui leur dicte du dedans ce qui est à faire ou à ne pas faire pour être sage et pour être bon. Ainsi, ils apprennent à consulter leur cœur et à ressentir en eux-mêmes comment se comporter de façon juste, en harmonie avec la Vie.

Par nature, les enfants sont sensibles à la justice et aspirent à l’autonomie. Ils sont joyeux et fiers de pouvoir se référer à eux-mêmes, et ainsi d’être appréciés des adultes. Ils découvrent la satisfaction profonde de se comporter comme « des grands » sans recevoir d’ordres venant de l’extérieur.

L’expérience de La leçon de Professeur Hibou auprès de jeunes enfants a démontré que ceux-ci sont prêts à écouter la voix de leur cœur et qu’ils la vivent tout naturellement comme une référence intérieure qui les rend autonomes.

Ce récit ouvre la voie à une approche psychologique et pédagogique cohérente et réaliste qui se situe en dehors de tout formatage idéologique, et qui bannit aussi bien le laisser-aller irresponsable que l’autoritarisme répressif de la part des éducateurs.

Respectueuse de la liberté de conscience et des particularités de chaque personnalité, et ce, dès le plus jeune âge, cette nouvelle approche propose un changement radical dans l’éducation des générations futures.

En éveillant à l’Autorité intérieure depuis l’enfance, on formera des êtres libres, épanouis, prêts à participer à la vie sociale en y apportant le meilleur d’eux-mêmes ; des individus autonomes dans la pensée, responsables de leurs actes et vivant en accord avec leur conscience.

La leçon de Professeur Hibou a été appréciée par les enfants et approuvée par tous les parents, enseignants, éducateurs et psychologues qui se sont livrés à cette expérience. Nous conseillons vivement cette histoire à tous ceux qui côtoient de près de jeunes enfants et qui sont concernés par l’éducation.

Source : « La leçon de Professeur Hibou – Recueil de témoignages »

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RIEN NE NOUS EST DONNÉ POUR NOUS ÉCRASER

Deux ans avant sa mort, Christiane Singer parle de comment retrouver la gratitude dans les moments les plus difficiles de notre vie, comment chaque être peut faire la différence sur cette Terre, et pourquoi s’aimer soi-même dans tous ses opposés, est la clé la plus importante et le plus difficile pour cheminer et manifester vers la paix. De nombreux indices pour avancer vers la guérison au sens global et spirituel du terme. [16mn 11]

Note :

Romancière et essayiste, Christiane Singer est née à Marseille en 1943, de parents originaires d’Europe centrale.

Elle est lycéenne et élève du conservatoire de diction et d’art dramatique à Marseille, puis suit des études de lettres à Aix-en-Provence, où elle obtiendra un doctorat de Lettres Modernes.

Lectrice à l’Université de Bâle et chargée de cours à celle de Fribourg, elle suivra également l’enseignement de Dürckheim, un des disciples de Jung.

Son œuvre et sa réflexion personnelle sont tout entières centrées sur la prise en compte nécessaire du spirituel qui couve dans le cœur de chacun. Elle est un écrivain relativement prolifique, de sensibilité chrétienne imprégnée de sagesse orientale, qui s’abstient de donner des leçons de morale et exclut tout dogmatisme.

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, son premier livre, Les Cahiers d’une hypocrite, paraît en 1965.

Elle a obtenu plusieurs prix littéraires, dont le prix des libraires pour La Mort viennoise en 1979, le prix Albert-Camus pour Histoire d’âme en 1989, et le prix de la langue française en 2006 pour l’ensemble de son œuvre.

Elle dira à la radio : « J’ai écrit un livre sur Les Âges de la vie. J’ai tenté de montrer ces métamorphoses de l’être au cours de la vie. Il est évident que tout cela ne vaut que si l’on a appris en cours d’existence à mourir. Et ces occasions nous sont données si souvent ; toutes les crises, les séparations, et les maladies, et toutes les formes, tout, tout, tout, tout nous invite à apprendre et à laisser derrière nous. La mort ne nous enlèvera que ce que nous avons voulu posséder. Le reste, elle n’a pas de prise sur le reste. Et c’est dans ce dépouillement progressif que se crée une liberté immense, et un espace agrandi, exactement ce qu’on n’avait pas soupçonné. Moi j’ai une confiance immense dans le vieillissement, parce que je dois à cette acceptation de vieillir une ouverture qui est insoupçonnable quand on n’a pas l’audace d’y rentrer. »

Christiane Singer est morte à Vienne le 4 avril 2007.

11. L’INDIVIDUATION

L’individuation est le processus qui nous permet de réaliser l’unicité de notre individualité, de devenir pleinement nous-même avec nos particularités, nos besoins et nos aspirations propres, en harmonie avec l’Unité de la Vie.

Elle n’est pas à confondre avec l’individualisme qui ignore le Soi – notre identité commune – et vise le développement de la personnalité terrestre pour la réalisation personnelle, égotique.

L’individuation nécessite que l’on marie les contraires présents en nous : le physique et le métaphysique, notre personnalité terrestre et l’identité spirituelle, impersonnelle, commune à tous.

Elle se réalise à partir du plus jeune âge par l’éveil aux deux formes d’intelligence, indissociables et complémentaires, dont la Vie nous a dotés : l’intelligence spéculative de la raison, qui nous procure le pouvoir d’agir dans le monde, et l’Intelligence sensible du cœur, qui nous fait participer à l’Unité du Tout.

INDIVIDUÉ, L’ÊTRE HUMAIN DEVIENT HOMME,
UN EN LUI-MÊME ET SPIRITUELLEMENT AUTONOME,
UNE MANIFESTATION DE LA CONSCIENCE UNIVERSELLE SUR LE PLAN TERRESTRE.

L’éveil au plan unitaire, métaphysique de la réalité – immanent en tout être humain – demande que l’on tourne son regard et son attention vers le cœur, le centre spirituel de son être ; que l’on descende avec un esprit ouvert, réceptif et libre de toute pensée dans les profondeurs de son âme où règne le silence intérieur.

Le silence intérieur n’est ni le vide ni le néant ; il est la présence d’un « ailleurs » qui nous est plus proche et plus intime que le monde extérieur, la présence plénière, solitaire, pure et paisible du plan unitaire de la Conscience qui, dès la naissance, nous donne notre sens d’être et notre fonction dans le contexte unitaire de la Vie.

Avec l’expérience et le temps, ce mouvement d’intériorisation de l’esprit nous rend plus réceptif à la voix de la Conscience et à l’intuition, et nous procure le recul nécessaire pour accéder à une vision globale et lucide des réalités existentielles. L’intériorité nous fait voir au-delà des apparences.

Un lieu calme, silencieux et dépouillé nous aide à cultiver le silence intérieur. Les pollutions sonores et visuelles comme les bruits inutiles, les musiques assourdissantes, le pouvoir hypnotique des écrans et le désordre ambiant, sont des agressions pour la conscience.

Mais la pollution principale à éviter est la perturbation émotionnelle causée par nos états d’âme non maitrisés – peurs, passions, ressentiments –, ainsi que l’agitation mentale incessante – préoccupations, pensées égoïstes, désirs obsédants – qui entretiennent les conflits intérieurs et la division, perturbent notre équilibre et celui des autres.

L’individuation est le fondement de l’autonomie et de la responsabilité individuelle. Elle est la condition première pour vivre ensemble dans la complémentarité et l’enrichissement mutuel, et construire un monde véritablement démocratique où l’accomplissement du destin personnel fait évoluer le contexte social en harmonie avec l’Ordre universel.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 9 juillet 2016.

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ÉCHAPPER À LA TYRANNIE DE L’ÉGO

Lâcher prise, c’est accepter ses limites

par Gilles Farcet

A force de vouloir contrôler tout ce qui nous entoure, nous gaspillons notre énergie et perdons notre sérénité. D’où le fameux « lâcher-prise » ! Une attitude intérieure d’ouverture à la vie et aux autres dont l’écrivain Gilles Farcet nous livre quelques clés.

Il faut, paraît-il « lâcher prise ». C’est en tout cas ce que tout un chacun peut lire ou entendre répéter dès qu’il est question d’une approche spirituelle de l’existence. Si cette expression a fait florès au point de devenir un cliché du développement personnel, ce qu’elle recouvre n’en reste pas moins confus. Elle est prétexte à bien des malentendus. Qu’avons-nous, au juste, à « lâcher » ?

Quelle est donc cette « prise » qu’il conviendrait de desserrer ? Cette attitude est-elle compatible avec un positionnement responsable ? Si oui, comment passer du concept à la pratique ? Les enseignements de sagesse traditionnels s’articulent tous autour de cette question. Nous pouvons donc nous tourner vers eux et y chercher clés réponses, qu’il nous appartient ensuite de faire nôtres.

Avant de prétendre « lâcher », encore faut-il savoir ce que nous « tenons ». Lire la suite…

L’INDIVIDU

par Marcel Renoulet

L’individu est la seule réalité qui soit digne d’intérêt, en faveur de laquelle tout absolument tout, doit être subordonné.

Le premier élément du problème social, est l’individu considéré comme une entité ayant son existence et ses besoins propres.

Nous employons le mot individualisme, que peu de gens comprennent, et que la plupart dénaturent , plus ou moins loyalement. Il correspond à un point de vue à un idéal de rénovation sociale.

Le but de nos efforts, si divergents et même parfois si incohérents, n’est-il pas … le bonheur véritable de l’individu ?
Tout le reste n’est trop souvent, que chimère et illusion – quand ce n’est pas mensonge et duperie !

L’individu est la base de la Société. Celle-ci ne pourrait exister sans lui. Les hommes isolés se sont associés pour former des groupes sociaux. Ils l’ont fait pour être plus forts, pour vivre mieux. Dès l’instant où la société, au lieu de les aider, les exploite ou les opprime, elle trahit sa mission et il est alors normal que l’individu la combatte. Lire la suite…

DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE (EXTRAIT)

par Etienne de la Boétie, Ecrivain français (1530-1563)

Rédigé par l’auteur à l’âge de 18 ans ! La puissance subversive de la thèse développée dans le Discours ne s’est jamais démentie. Cette thèse résonne encore aujourd’hui dans la réflexion libertaire sur le principe d’autorité. Le jeune humaniste sarladais recherchait une explication à l’étonnant et tragique succès que connaissaient les tyrannies de son époque. S’écartant de la voie traditionnelle, La Boétie porte son attention non sur les tyrans mais sur les sujets privés de leur liberté. Et il pose une question troublante : comment peut-il se faire que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? ». Si pour éviter la censure, les exemples sont tirés de l’Antiquité, la réflexion porte bien sur son époque, dans un pays où le poids du pouvoir monarchique se renforce.

« …Ils sont vraiment extraordinaires, les récits de la vaillance que la liberté met au coeur de ceux qui la défendent ! Mais ce qui arrive, partout et tous les jours : qu’un homme seul en opprime cent mille et les prive de leur liberté, qui pourrait le croire, s’il ne faisait que l’entendre et non le voir ? Et si cela n’arrivait que dans des pays étrangers, des terres lointaines et qu’on vînt nous le raconter, qui ne croirait ce récit purement inventé ? Lire la suite…

6. LA LIBERTÉ

Nous naissons tous libres, dotés de conscience de soi et de libre arbitre, afin de remplir notre mission existentielle dans la liberté et la dignité.

Chacun d’entre nous est unique, a sa personnalité, ses besoins et ses aspirations propres, et possède l’intelligence et les capacités nécessaires pour accomplir son destin en servant le contexte social dans lequel il évolue.

Nous aspirons tous à vivre libres mais, coupés du Soi qui nous enracine dans la Vie et nous fait participer à l’Unité du Tout, nous ignorons ce qu’est la Liberté. Seule la vie intérieure nous révèle pleinement que nous appartenons à la Vie, et que la Liberté est un droit naturel et sacré qui nous est donné uniquement pour écouter notre conscience et agir en conséquence.

LA LIBERTÉ EST LE DON SUPRÊME DE LA VIE
QUE L’ON SE DOIT DE RESPECTER ET DE DÉFENDRE.

On confond souvent la Liberté et les comportements immatures, irresponsables, sauvages, voire agressifs, par lesquels on assouvit les bas instincts et on satisfait les désirs et les intérêts égoïstes.

Par arrivisme et soif de pouvoir, ou par faiblesse, pour acquérir une illusoire sécurité, l’Homme sacrifie sa liberté et perd sa dignité. Victime du « qu’en dira-t-on », dominé par l’esprit de masse, il perd son individualité.

NOUS NAISSONS LIBRES ET AVONS LE DEVOIR DE LE RESTER
TOUT AU LONG DE L’EXISTENCE.

L’absence de liberté emprisonne l’âme, engendre l’insatisfaction profonde, les angoisses existentielles et la dépression. La Liberté donne à chacun le droit de s’épanouir pleinement et d’évoluer en vivant les expériences dont il a besoin pour satisfaire ses désirs et aspirations légitimes.

Être libre commence par l’acceptation de soi tel que l’on est, avec nos forces et nos faiblesses. Être libre exige que l’on soit pleinement soi-même et que l’on respecte notre propre liberté de conscience en refusant les conditionnements aliénants que notre environnement chercherait à nous imposer.

L’Homme libre pense par lui-même et décide en son âme et conscience ce qu’il doit faire ou ne pas faire. Autonome dans sa pensée, il est soumis à la voix de sa conscience et respecte l’Autorité de la Vie ; responsable de ses actes, il en assume les conséquences. L’Homme libre est entier ‒ intègre, conséquent et cohérent ‒ et vit en harmonie avec l’Unité du Tout.

Le changement de mentalité, indispensable pour la naissance d’un Monde Nouveau, exige que l’humanité dans son ensemble prenne pleinement conscience que la Liberté est le fondement naturel de l’équilibre individuel, et que seul l’équilibre individuel garantit une paix sociale durable.

POUR VIVRE EN HARMONIE AVEC L’ORDRE UNIVERSEL,
LA LIBERTÉ EST PLUS QUE NÉCESSAIRE… ELLE EST VITALE.

« LE SENS DE L’EXISTENCE »

VIVRE LIBRE, France, 23 janvier 2016.

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