LECTURES CHOISIES

LE POUVOIR N’A RIEN D’INNOCENT !

Par Russel Bouchard.

Pour Montaigne, les deux motifs de l’engagement politique sont le désir de s’enrichir et l’aspiration à la gloire ou à l’honneur. C’est, à mon avis, réduire à bien peu ce qui attise tant de passion dans le genre humain. Selon ce que j’en sais et selon l’expérience que j’en aie, je dirais plutôt que ce désir se concentre autour d’une grande passion qui embrasse toutes les autres : la passion du pouvoir (pouvoir de s’enrichir, pouvoir de dominer, pouvoir du paraître). Ceux qui s’y engagent avec l’honnête et vertueux souci de servir leurs semblables sans espoir de retour, comprennent très tôt que cette avenue transcendante ne se retrouve en fait que dans le contre-pouvoir, là où la politique produit ses méfaits, et bien peu de ces philanthropes, finalement, acceptent de rabattre leur engagement à ce niveau : c’est-à-dire dans les champs de la pauvreté, de l’injustice, de l’intolérance et de la valorisation de la dignité humaine. Lire la suite…

LA VOIE DE L’À-VENIR

Par Carl Gustave Jung.

Si je parle dans l’esprit de ce temps, il me faut dire : Rien ni personne ne peut justifier ce qu’il me faut vous annoncer. Me justifier est superflu, car je n’ai pas le choix, il le faut. J’ai appris qu’outre l’esprit de ce temps, un autre esprit est à l’œuvre, celui qui règne sur les profondeurs de tout ce qui fait partie du présent. L’esprit de ce temps veut entendre parler d’utilité et de valeur. Je le pensais moi aussi et ce qui est humain en moi le pense encore. Mais cet autre esprit m’oblige néanmoins à parler, par-delà toute justification, toute utilité et tout sens. Lire la suite…

CŒUR ET RAISON

Par Bruno Bettelheim.

Nous ne pouvons espérer réaliser de belles choses si le cœur et la raison demeurent dissociés.

Le travail et la création artistique, la vie familiale et la vie sociale, ne peuvent plus évoluer séparément.

Il faut que le cœur, s’armant d’audace, imprègne la raison de sa chaleur vitale, même si la raison doit renoncer à sa rigueur logique pour faire place à l’amour et aux pulsations de la vie.

Nous ne pouvons plus nous contenter d’une vie où le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas.

Nos cœurs doivent connaitre le monde de la raison et la raison doit avoir pour guide un cœur conscient.

Source : Le Cœur conscient, Robert Laffont éd., Paris, 1972 

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L’ÉDUCATION EST UNE GUERRE QUI NE DIT PAS SON NOM

Par Marc-André Cotton.

Résumé : À l’origine de toutes les guerres, il y a celle que livrent les adultes du monde entier contre la conscience enfantine. Incursion au cœur d’un conflit séculaire.

Dans un long recueil de textes sur l’éducation, publié en 1977 sous le titre de Schwarze Pädagogik, Katharina Rutschky rassembla toutes les techniques traditionnelles de conditionnement éducatif permettant aux parents de briser la volonté de l’enfant sans que celui-ci ne soit en mesure de retrouver par lui-même l’origine de cette répression. Il revient à Alice Miller d’avoir popularisé la notion de Pédagogie noire* pour caractériser une attitude parentale fondée sur le mépris et la persécution de la vie de l’enfant, dont les effets se manifestent à l’extrême dans l’idéologie fasciste, mais s’étendent aussi à de si nombreux domaines et comportements qu’ils finissent par être perçus comme allant de soi (1). Lire la suite…

POURQUOI FAUT-IL ÉCOUTER PLUS LOIN QUE NOS OPINIONS

Par Gilles Farcet.

Mon opinion ou ton opinion ?

L’écologie intérieure doit, elle aussi, se préoccuper des facteurs de pollution, les identifier et tenter d’en réduire les émissions. Parmi les polluants divers qui agissent sur notre climat interne, il y a… nos opinions, ou plutôt la relation passionnelle que nous entretenons la plupart du temps avec elles. Lire la suite…

NOTRE EXISTENCE A-T-ELLE UN SENS ?

Préface de Trinh Xuan Thuan

(Extrait)

Depuis les temps les plus reculés, et à travers toutes les cultures, l’homme a essayé de conjurer son angoisse des espaces infinis en organisant les fragments d’information sur le monde extérieur en un schéma unifié et cohérent. Les univers se sont ainsi succédé et la représentation du cosmos a pris des formes diverses à travers le temps et l’histoire. Il y a quelques dizaines de milliers d’années, l’homme vivait dans un univers magique peuplé d’esprits : l’esprit Soleil pendant le jour, les esprits Lune et étoiles pendant la nuit, l’esprit pierre contre lequel on butait et auquel on demandait pardon, l’esprit rivière qui coulait à flots, bref un univers réconfortant et familier, à la mesure de l’homme. Lire la suite…

BERNAYS OU LA MANIPULATION DES ESPRITS

Par Michel LEBLANC.

La période des « fêtes de fin d’année » qui n’ont plus rien à voir avec celle de Noël puisqu’il s’agit très ouvertement des fêtes de la consommation la plus débridée, sans rapport avec la fête religieuse, amène à se pencher sur l’espèce de décervellement orwellien que subissent nos contemporains. Comment, en effet, ne pas constater que les mots utilisés aujourd’hui affirment des concepts contraires à leur sens primitifs. Voilà des années que l’on nous répète que le temps individuel est « libéré » que chacun peut faire tout ce qui lui plaît. Seulement on oublie de préciser que le choix, le goût, l’envie de ces prétendues « libertés » sont très largement orientés. Lire la suite…

LA « THÉORIE DU GENRE » : UNE THÉORIE OU BIEN UN PROGRAMME DE RÉÉDUCATION ?

Par Gerlinde Höschter, Graz.

A-t-on le droit d’être en faveur de l’émancipation de la femme et de la reconnaissance des modes de vie homosexuels tout en développant une argumentation contre l’idéologie du genre ?

La force du tabou

Dans de nombreux milieux, toute critique concernant la thématique du genre est taboue, parce que personne ne veut s’exposer au grief de la discrimination. Ainsi, même les personnes pleines de bonnes intentions se taisent, bien qu’elles n’aient rien à redire contre l’égalité des sexes, mais uniquement contre la tutelle de règles linguistiques ou la soft répression du politiquement correct. Cependant, pour résoudre les questions politiques et éthiques concernant l’égalité des sexes, la théorie du genre ne serait pas nécessaire: le droit à l’émancipation politique résulte automatiquement du concept de «citoyen», et le refus éthique de la discrimination résulte du concept de l’« être humain ». L’insinuation selon laquelle ces concepts impliquent déjà des discriminations, atteste de l’ignorance des partisans de la théorie du genre, dont la confrontation à la théorie politique et à l’anthropologie n’a de nécessité que pour mieux véhiculer des représentations simplistes de l’ennemi. Lire la suite…

L’ASSASSINAT DE LA CONSCIENCE

Par Jean Dornac.

Je dois préciser que cette analyse n’engage en rien le mouvement altermondialiste, ni les autres auteurs de mon site. C’est une intuition que je porte depuis plusieurs années… Une intuition qui se confirme au fil des années et des faits.

Le système qui cloue l’humanité pauvre, partout sur la surface de la terre, à pour nom aujourd’hui, néolibéralisme. Ce système vise à asservir le plus grand nombre pour le seul bénéfice d’un groupe minuscule. Cette idéologie n’est pas arrivée par hasard. Elle a été réfléchie, mûrie longuement par des chercheurs américains (pour l’essentiel) regroupés dans les « think tanks » [1]. Ces chercheurs ont été financés dans cet unique objectif et devaient parvenir à un résultat imposé dès le départ par les commanditaires de l’opération. Lire la suite…

LES LIMITES DE LA LAÏCITÉ FACE AU BESOIN DE SPIRITUALITÉ

Par Corinne Viggiano (enseignante).

De nos jours il semblerait que la laïcité devienne l’enjeu de bien des combats d’origine identitaire, et qu’au lieu d’apaiser elle suscite divisions et incompréhensions, exactement le contraire de ce qu’elle se propose d’apporter dès l’origine : une tentative d’éclairer le peuple et de le rassembler au-delà des convictions culturelles et religieuses. Mais la laïcité telle qu’elle est proposée et apprise à l’école n’a aucun fondement spirituel. Lire la suite…

LE BESOIN SPIRITUEL

Par Jean-Louis Abrassart.

Dans les temps reculés de la préhistoire, avant l’aube du langage, les hommes de Néenderthal enterraient déjà leurs morts, sans vraiment avoir conscience de ce qu’ils faisaient. L’être humain a toujours senti, au fond de lui-même, qu’il n’était que de passage, que la condition humaine n’était qu’une des formes de la vie. Qu’est-ce la spiritualité au-delà des formes que lui ont donné les traditions religieuses ? Ne serait-ce pas ce besoin de se poser la question du sens de la vie, de l’origine et de la finalité de l’homme sur terre, de sa place dans l’univers ?

Dans notre monde moderne, la science a remplacé les religions dans sa tentative de répondre à ces questions fondamentales. Elle s’aperçoit maintenant qu’elle poursuit une quête sans fin, chaque découverte dans l’infiniment petit ou dans l’infiniment grand amenant de nouvelles interrogations. Mais devons-nous attendre de l’extérieur une réponse ou devons-nous la chercher en nous ? Lire la suite…

LES RÊVES DE LA GÉNÉTIQUE, PHANTASMES DE L’EUGÉNISME

Par Moritz Nestor.

La génétique est une science officiellement reconnue. Il y a peu de spécialistes en génétique humaine dont la pensée correspond à celle présentée dans cet article. En effet le danger demeure présent lorsque des chercheurs rencontrent la finance et le pouvoir qui leur procurent la célébrité mondiale et leur fournissent les moyens financiers pour des expériences inhumaines et criminelles. Dans son livre, Ludger Wess décrit l’historique de telles conceptions.

(…) La question «quelle est la motivation des ingénieurs généticiens cherchant à pénétrer encore plus dans les secrets de l’hérédité?»(1) est le sujet principal du livre «Les rêves de la génétique» de Ludger Wess. «Ni les manuels ni les abrégés de l’histoire du génie génétique n’en parlent. C’est le silence total».(2) Mais presque tous les généticiens qui ont significativement contribué au progrès de leur science ont conçu des textes inquiétants avec des utopies sociales alarmantes basées sur le génie génétique: «Des rêves de domination sur la vie, d’un monde meilleur, à réaliser à l’aide du génie génétique. Les visions de pouvoir sont la clef pour comprendre les évolutions actuelles en génétique et en médecine de la procréation.»(3) (…) Lire la suite…

SI TU VEUX CHANGER LE MONDE…

Par Carl Gustave Jung.

Une minorité d’humains, encore trop faible, se demande si en définitive, la meilleure façon de servir la société et les hommes ne serait pas de commencer chacun par soi-même, d’essayer d’abord et uniquement sur sa propre personne, dans sa propre économie interne, les réformes prêchées à tous les carrefours.

Un certain bouleversement de l’ordre établi, un branle-bas intime, la dissolution de ce qui existe et le renouvellement intérieur sont une nécessité pour chaque individu ; mais il ne s’agit pas de les imposer aux autres sous le couvert hypocrite de l’amour chrétien du prochain, du sentiment de la responsabilité, ou de je ne sais quel autre prétexte, masquant des besoins inconscients de domination.

Comment guérir de cet aveuglement collectif qui sévit à l’heure actuelle ?

On ne peut envisager sa guérison que si chacun fait un retour sur lui-même (Selbstbesinnung), retour qui le ramènera au fond humain primordial, à l’essentiel de sa propre nature, et qui lui permettra de dégager de ses gangues sa vraie vocation individuelle et sociale.

Source : Psychologie de l’inconscient – Carl Gustave Jung

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ÉVEIL

Par Patrick Vigneau.

Tant et tant de choses se répètent, et l’on n’ose même plus leur remise en question. Le drame de l’humain c’est sa capacité à s’endormir.

La paix est souvent comprise comme la période entre deux guerres. L’histoire humaine est ainsi enseignée, et la guerre devient une fatalité, une malchance qui nous tombe dessus.

Peut-être est-il temps de comprendre que la guerre tout comme la paix viennent de l’intérieur.

La paix n’est pas dans un lointain avenir quand les gouvernements auront désarmé. Car lorsque les individus auront désarmé dans leur cœur, les armes n’auront plus de sens. C’est pourquoi il faut commencer soi-même par éveiller la paix dans sa conscience. Lire la suite…

UNE CONVERSATION SUR L’ART

Par Jean Klein.

EXTRAITS

Chercheur. Depuis un moment j’attends de vous demander à tous deux ce que vous pensez qu’est réellement l’art. Est-ce une collection amorphe d’expressions humaines ou bien pouvons-nous dire plus précisément ce que c’est ?

Philosophe. En dernier lieu tous les objets pointent vers la vérité et la beauté mais il y a des objets qui, par excellence, nous ramènent à la vérité et à la beauté. Ce sont des objets d’art.

Chercheur. Est-ce que tout ce que nous appelons généralement art a ce pouvoir?

Philosophe. L’art qui percute les sens et nous amène au-delà d’eux à un état éternel pourrait s’appeler « art sacré ». L’art décoratif expérimental nous laisse dans les sens, de sorte qu’il peut être appelé séculier.

Ces grandes œuvres « sacrées qui ont le pouvoir symbolique de nous éjecter dans le domaine impersonnel, sont très rares.

Chercheur. Parlons de ces œuvres d’art, Qu’entendez-vous lorsque vous dites qu’elles percutent les sens et nous emmènent au-delà ? […] Lire la suite…

S’ÉVEILLER SIGNIFIE RÉALISER SA PROPRE NULLITÉ

Par Gurdjieff

Mourir signifie que l’homme doit se libérer d’une multitude de petits attachements et d’identifications qui le maintiennent dans la situation où il se trouve actuellement.

L’attachement aux choses, l’identification aux choses, maintiennent vivants dans l’homme un millier de « moi » inutiles. Ces « moi » doivent mourir pour que le grand Moi puisse naître. Mais comment peuvent-ils être amenés à mourir ? ils ne le veulent pas.

C’est ici que la possibilité de s’éveiller vient à notre aide. S’éveiller signifie réaliser sa propre nullité, c’est-à-dire réaliser sa propre mécanicité, complète et absolue, et sa propre impuissance, non moins complète, non moins absolue. Lire la suite…

LIBÉRER LE SPIRITUEL DU RELIGIEUX

par André Monjardet

Ce que n’avait pas réussi à faire le monothéisme religieux, conquérir le monde, le monothéisme profane est en train de le réaliser.

Le dieu argent régente aujourd’hui le monde entier et tient sous son implacable férule la quasi-totalité des êtres humains. Ses grands prêtres dictent leur loi à l’ensemble des nations. Ils en ont eux-mêmes inventé les termes et s’appliquent à faire en sorte qu’ils soient respectés partout. Sous peine d’exclusion de la communauté humaine, nationale et mondiale.

« loi du Marché » repose essentiellement sur le droit du plus fort d’écraser le plus faible. Ne pas s’y soumettre ou la transgresser équivaut à s’isoler de la société et se voir condamner par elle.

C’est ainsi, par exemple, que tout service doit aujourd’hui passer par le moule de la monétarisation sous peine d’être jugé et condamné par les tribunaux pour concurrence déloyale. La gratuité est partout suspecte !

Cette « loi du Marché » n’est en réalité que la traduction policée de la « loi de la jungle ». Mais avec une différence de taille : celui qui ne veut pas tuer et voudrait simplement vivre en paix avec lui-même et avec les autres ne peut pas fuir. Il est cerné de tous côtés par la monnaie et se voit obligé de passer sous les fourches caudines de la production ou de l’assistanat. Nouvel esclave de la course au profit, il est prisonnier de l’arène mondiale où se joue le drame de « l’horreur économique ». Le plus souvent il s’y fait dévorer, très rarement il s’en échappe. Lire la suite…

À PROPOS DE LA GRATITUDE

par Maria Montessori

Certains espèrent que le jour où l’on arrivera à susciter chez les enfants ce sentiment d’amour pour les matières d’étude, les hommes deviendront plus humains et cesseront enfin les horreurs de la guerre. Mais l’amour pour la science et pour l’art, comme pour tout ce que l’humanité a créé, ne suffira pas à faire germer l’amour mutuel entre les hommes.

Aimer un beau coucher de soleil ou observer avec émerveillement la vie d’un insecte, ne réveille pas nécessairement un plus grand sentiment d’amour pour l’humanité, ni l’amour pour l’art ne suscite chez l’homme l’amour pour son prochain. Ce qui est nécessaire avant toute chose, est que dès ses premières années l’individu soit mis en relation avec l’humanité. Aujourd’hui, dans nos cœurs il n’y a pas de place pour l’amour de nos semblables, bien que de ceux-là mêmes nous ayons reçu et continuions de recevoir tant de choses, sous forme de nourriture, de vêtements et d’inventions diverses dont nous pouvons bénéficier. Nous acceptons et nous jouissons de ce qui est fait pour nous sans gratitude aucune, comme des athées niant à Dieu gratitude et amour. Lire la suite…

L’ÉCOUTE ET LA PAROLE… AU XIIÈME SIÈCLE

par Chrétien de Troyes

Allons écoutez !

Prêtez moi les cœurs et les oreilles, car une parole entendue est perdue si elle n’est pas comprise avec le cœur.

Il y a des gens qui ne comprennent pas ce qu’ils entendent et qui néanmoins l’approuvent. Ces gens-là n’ont que la perception du son, du moment que le cœur n’y comprend rien du tout.

La parole vient aux oreilles, de la même façon que le vent qui vole, mais loin de s’y arrêter et d’y demeurer, elle s’en éloigne en très peu de temps, si le cœur n’est pas assez éveillé pour être préparé à la saisir ; car c’est lui seul qui peut la saisir à son passage, l’enfermer et la retenir. Les oreilles ne sont que le passage et le conduit par où la voix s’en vient au cœur et le cœur saisit à l’intérieur du corps la voix qui y entre par l’oreille.

Ainsi, quiconque voudra me comprendre, doit me confier son cœur et ses oreilles, car je ne veux pas parler de rêve, ni de fable ni de mensonge, dont quantité d’autres vous ont régalés ; non, ce que je vous raconterai, je l’ai vu.

Source:  Extrait de « Yvain le chevalier au lion » écrit vers 1175 

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À L’ÉCOUTE DE LA VIE

par le Dr Alfred TOMATIS (1)

«Ton fils n’est pas ton fils. C’est le fils de son temps.» Proverbe chinois

Chaque Être est imbibé dans une structure sonore qui le « sculpte ». Le son, c’est à dire le silence, ses diverses modulations et les bruits qui en rompent la trame, ne s’adressent pas seulement à l’oreille ; ils affectent le corps tout entier.

Profondément enfoui dans un cosmos qui l’enserre et l’emporte en sa course sidérale, l’homme est assurément la structure la plus complexe jusqu’alors élaborée. Or il est prouvé que l’univers en sa totalité n’est que la réponse phénoménologique d’une intentionnalité créatrice pour laquelle tout fut programmé et exprimé sous forme d’énergies émanant d’une source unique. La multiplicité de ces énergies et leurs interférences provoquèrent par leur inter-réaction les diverses cristallisations qui permirent au monde d’exister. En fait, tout est énergie. Et énergie en devenir. Dans sa constitution, l’homme est le modèle surgissant de la convergence des multiples champs énergétiques qui firent de lui le cristal organique le plus sophistiqué qui soit, tenu en suspension dans ce bain cosmique en permanente évolution. En ce sens l’homme apparaît comme un résonateur parfait convié à s’accorder aux harmonies dont les lois gouvernent le monde. Lire la suite…